Un retour de l'absolutisme au Tonga ?

C’est la fin d’un long conflit entre le roi Tupou VI et son Premier ministre contraint à la démission.  Une crise politique qui a été dénoncée par les groupes pro-démocratie qui accusent le monarque d’ingérence et de « renvoyer le Tonga au Moyen Âge ».

La crise politique au royaume du Tongo perdurait depuis le début du mois de février 2024. Dans une lettre rendue publique, le roi Tupou VI avait soudainement annoncé qu’il retirait sa confiance au Premier ministre Hu’akavameiliku Siaosi Sovaleni. En cause, la nomination par ce dernier de Fekita Utoikamanu au poste des Affaires étrangères et du Tourisme sans que le monarque n’en ait pas été averti au préalable. Le 25 mars, divers organes de presse nationaux et internationaux ont annoncé que le conflit avait trouvé une conclusion heureuse. Le Premier ministre aurait démissionné de ses fonctions tout comme la ministre des Affaires étrangères.  

 

 

Un retour de l'absolutisme au Tonga ? 

Selon des sources de RNZ Pacific, des remaniements ministériels sont également probables. C’est d’ailleurs le roi Tupou VI qui devait annoncer s'il valide les propositions du Premier ministre dont une qui prévoit de nommer le prince héritier Tupouto'a 'Ulukalala au double ministère de la Défense et des Affaires étrangères. Selon toute vraisemblance, le poste de nouveau Premier ministre devrait revenir à un proche du roi, issu de l’aristocratie. Une noblesse qui a fait bloc derrière le roi Tupou VI durant cette crise. Depuis 2006, date à laquelle la monarchie a été contrainte de réduire les pouvoirs du monarque à la suite de manifestations pro-démocratries, l’aristocratie tongienne, composée de  trente-trois titres héréditaires et de cinq titres de pairs à vie,  jouit plus que de 9 sièges sur 26 au Parlement, le restant étant attribués à des «  roturiers ». 

Une intervention directe du roi, souverain constitutionnel, qui n’est pas du goût des groupes pro-démocratie qui ont dénoncé une nouvelle tentative de retour à l’absolutisme. L'implication du roi Tupou VI dans le gouvernement est un retour à « l'âge des ténèbres » pour le royaume, affirme un militant de longue date pour la démocratie aux Tonga. Kalafi Moala a déclaré que la décision du roi de retirer son soutien était une mesure rétrograde. « La réforme de 2010 visait à ce que lui [le roi] cesse d'essayer de diriger le gouvernement ou de nommer le gouvernement », a-t-il déclaré. « Et avec ce roi, pour moi, ce qui s’est passé, reste une mauvaise décision, et cela suscite beaucoup de mécontentement dans le public. », ajoute le militant pro-démocratie.

Copyright@Frederic de Natal

Date de dernière mise à jour : 02/04/2024

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