Le roi des Maoris appelle à protéger le "coeur de l'océan"

Les dirigeants autochtones du Pacifique, parmi lesquels le roi des Maoris, ont conjointement lancé un appel pour la reconnaissance légale des baleines en tant qu'entités possédant des droits inhérents.

À la tête du projet Hinemoana Ocean Initiative, plusieurs dirigeants des tribus maoris se sont réunis autour du roi Tuheitia Pōtatau Te Wherowhero VII et du chef Kaumaiti Nui Travel Tou Ariki, président autochtone des Îles Cook afin d’approuver la "Déclaration pour l'océan", baptisée He Whakaputanga Moana.

 

 

Le roi des Maoris appelle à protéger les baleines, entités possédant des droits inhérents

"Les chants de notre ancêtre, la tohorā (baleine), qui navigue dans ces mêmes eaux depuis des générations, s'estompent", a déclaré le monarque des Maoris. "En fin de compte, He Whakaputanga Moana est une déclaration pour les générations futures. Nos mokopuna (descendants) méritent d’hériter d’un océan regorgeant de vie, où les chants des baleines continuent de résonner à travers les vastes étendues", a-t-il ajouté. He Whakaputanga Moana s'appuie sur les traditions du Te Ao Māori (vision du monde maorie) et met l'accent sur l'interdépendance de tous les êtres vivants. Reconnaissant les menaces urgentes auxquelles les baleines sont confrontées en raison des pratiques non-durables, de la pollution et du changement climatique, le souverain des maoris, 68 ans, a affiché un soutien à ce plan global pour leur protection. Dans une déclaration complémentaire Mere Takoko, vice-présidente de Conservation International Aotearoa (Nouvelle-Zélande), a souligné que "le mauri (force vitale) de Te Moana-nui-a-Kiwa (l'océan Pacifique) est indissociable du bien-être des baleines". Elle a ajouté : "Leurs chants sont le battement de cœur de l’océan et leur présence reflète la force de notre propre mana (essence spirituelle). Nous avons la responsabilité d’assurer leur survie pour les générations à venir." Cet appel à la reconnaissance légale des baleines fait suite à une précédente législation néo-zélandaise qui accordait un statut juridique à des entités naturelles telles que les rivières et les montagnes, qui sont importantes pour le peuple maori. Notamment, le volcan du mont Taranaki et la rivière Whanganui ont tous deux obtenu le statut de personne en 2017, permettant une protection accrue et une consultation avec les groupes locaux concernant les projets de développement.

 

 

Un retour aux traditions ancestrales ? 

"Afin de soutenir cette déclaration, nous proposons la création du Fonds de protection des océans Hinemoana Halo", a déclaré Aperahama Edwards, leader de Ngāti Wai et ambassadeur maori pour ce projet. "Ce fonds responsabilisera les communautés autochtones, les gardiens naturels de nos rivages, et soutiendra des initiatives alignées sur les objectifs de la déclaration. Ensemble, nous pouvons créer un Hinemoana Halo, une cape tissée de protection pour ces taonga (trésors), nos baleines." Lisa Tumahai, coprésidente du Hinemoana Halo Ocean Fund, a souligné l'esprit de collaboration au cœur de la déclaration. "He Whakaputanga Moana est bien plus que de simples mots sur papier", a-t-elle déclaré. "C’est un appel à l’action pour toutes les nations, pour tous ceux qui partagent un amour pour Te Moana. Joignons nos mains, partageons nos connaissances et veillons à ce que les chants des baleines continuent de résonner à travers la vaste étendue pour nos mokopuna (descendants)." "Nous ne pouvons plus fermer les yeux", a déclaré le chef Kaumaiti Nui des Îles Cook. "Les baleines jouent un rôle essentiel dans la santé de l’ensemble de notre écosystème océanique. Leur déclin perturbe l’équilibre délicat qui soutient toute vie à Te Moananui-a-Kiwa. Nous devons agir de toute urgence pour protéger ces magnifiques créatures avant qu’il ne soit trop tard.", déclare t-il. Le nombre de baleines tuées a drastiquement augmenté en quelques années. Soit 22% en quatre ans selon un récevnt rapport. 

Ce n'est d'ailleurs pas Moby Dick qui vous dire la contraire. Dans son manifeste, le roi Tuheitia Pōtatau Te Wherowhero VII, qui a également rencontré une délégation du parti Vert de Nouvelle-Zélande, a rappelé l'importance de mettre en place un accès à un environnement sain, pour protéger ces créatures vénérées mais vulnérables. Alors que la Nouvelle-Zélande est aux prises avec son passé colonial et cherche à faire respecter les droits des peuples autochtones, l’appel à l’octroi de droits légaux aux baleines souligne l’intersection de la conservation de l’environnement et de la préservation culturelle dans le pays. 

Copyright@Frederic de Natal

Date de dernière mise à jour : 01/04/2024

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