Monarchies et Dynasties du monde Le site de référence d’actualité sur les familles royales

Avantage au roi !

Web action francaise party royalist c2a9citizenside aurecc81lien morissard citizenside com citizenside aiJamais autant la France n’aura entendue parler de l’idée monarchique que depuis cette dernière décennie. Attendue par de nombreux mouvements monarchistes européens, le royalisme français semble avoir enfin fait sa mue avec des prétendants au trône de France qui s’affirment désormais naturellement et politiquement. Orléans, Bourbon, les français doivent désormais s’attendre à voir de plus en plus leurs princes tant sur la scène nationale qu’internationale avec des mouvements désormais en ordre de bataille.

Prince Louis-Alphonse de Bourbon ou Jean d’Orléans, les deux prétendants au trône occupent l’espace médiatique, pour le premier en Espagne suite à l’affaire Franco, où les réseaux sociaux, pour le second qui avoue les suivre avec intérêts. Depuis des mois, leurs nouveaux secrétariats, largement rajeunis, s’activent pour réhabiliter leur image, souvent caricaturée, au sein de la population française en pleine crise d’identité. « Dans la politique française, cet absent est la figure du roi, dont je pense fondamentalement que le peuple français n'a pas voulu la mort. La Terreur a creusé un vide émotionnel, imaginaire, collectif : le roi n'est plus là ! On a essayé ensuite de réinvestir ce vide, d'y placer d'autres figures : ce sont les moments napoléonien et gaulliste, notamment. Le reste du temps, la démocratie française ne remplit pas l'espace. On le voit bien avec l'interrogation permanente sur la figure présidentielle, qui vaut depuis le départ du général de Gaulle. Après lui, la normalisation de la figure présidentielle a réinstallé un siège vide au coeur de la vie politique. Pourtant, ce qu'on attend du président de République, c'est qu'il occupe cette fonction. Tout s'est construit sur ce malentendu ». Prononcée en juillet 2015 par Emmanuel Macron, alors ministre de l'Économie, de l'Industrie et du Numérique , cette déclaration a été largement décortiquée par les médias dont certains, comme Le Point, ont cru y voir « une remise en cause de la forme actuelle du régime en France. La France glisserait-elle involontairement vers le chemin du retour de sa monarchie ?

 louis de bourbon jean d orleans et jean christophe napoleon«Les partisans du retour de la monarchie couvrent un large éventail d’options philosophiques et politiques, allant de l’extrême droite maurrassienne et contre-révolutionnaire à une sensibilité favorable à 1789 et à la gauche » écrivait en décembre dernier le webzine Slate qui tentait, dans un long article, de déterminer qui étaient ces français qui se battaient pour le retour du roi. Et c’est peu dire. L’idée monarchique n’a jamais été absente du paysage politique français contrairement à ce que l’on essaye de faire croire à nos concitoyens. Si nos livres d’histoire ont délaissé « tout ce qui était national » au profit d’une autre plus préfabriquée, tournée vers l’Europe, des Jeunesses royalistes à la Nouvelle action royaliste en passant par l’Action française ou les associations légitimistes, les différentes tendances ont maintenu la flamme royaliste autour de leurs différents princes, plus ou moins charismatiques pour certains. Tout en participant activement à la politique française (on peut d'ailleurs constater que cette histoire royaliste reprend peu à peu sa place). Mais quel avantage la France aurait-elle donc à rétablir ce type de régime ? C’est Fréderic Rouvillois, écrivain, qui répond à cette question lors d’un entretien au magazine Les Inrockuptibles : « L'avantage du roi est de permettre l'unité. Le roi n'étant n'est ni à droite, ni à gauche, il est en quelque sorte au-dessus de la mêlée. ». Tout est résumé.

Mais alors quel roi ? Là reste encore toute la question à déterminer tant chaque chapelle défend sa Légitimité avec l’ardeur d’un chevalier à Bouvines. Avec Louis-Alphonse de Bourbon, Henri ou Jean d’Orléans, Sixte-Henri de Bourbon-Parme, Hugues ou Charles Naundorff , Jean-Christophe Napoléon dont le prochain mariage annoncé avec la comtesse Olympia von Arco-Zinneberg devrait ravir partisans de la fusion entre les deux branches royales et impériales, les français ont le « choix du prince » . Mais à regarder de plus près, celui qui s’imposera aux français, sera celui qui gagnera le combat des réseaux sociaux et surtout qui saura « mouiller sa chemise » en faveur de cette vox populi qui cherche encore celui dans lequel elle saura s'incarner.

«Lacouronne royale de france Avantage au roi ! » Jean d’Orléans tire indubitablement son épingle du jeu face à son adversaire le plus sérieux, Louis Alphonse de Bourbon, plus occupé à défendre la mémoire de son arrière-grand-père , le caudillo Franco et que l’on voit peu dans l’Hexagone. Une tribune dans le Figaro VOX qui a eu un succès inattendu, de l’avis des historiens et autres constitutionnalistes, un passage télévisuel dans l’émission Complément d’Enquêtes et bientôt dans Secret d’histoire, une intervention dans la matinale d’Europe 1, le petit-fils du comte de Paris ne ménage pas ses efforts pour se faire connaître et redorer l’image de sa famille à qui on lui oppose sempiternellement le vote de son ancêtre , dont l’histoire n’a jamais véritablement su déterminer si elle avait actionné le couperet sur la nuque de Louis XVI. . Un destin national ? Pourquoi pas ! Le message de félicitations qu’il a adressé à son cousin Luiz-Philippe d’Orléans-Bragance sur son compte personnel semble indiquer que le prince y songe dans la ligne droite d’un Henri d’Orléans qui toute sa vie, se sera battu pour la restauration de la monarchie, la touchant du doigt à diverses reprises (notamment entre 1940 et 1965). Et si Jean d’Orléans qui bénéficie de forts appuis au sein de certains politiques et anciens ministres, parmi la caste fermée des journalistes, il refuse d’être enfermé au sein d’un parti quelqu’il soit. Y compris monarchiste. Et de ce côté, l’orléanisme n’est pas en reste. Action française, Nouvelle action royaliste ou Groupe d’Action royaliste, tous sont montés au créneau, clavier ou portables à la main pour décocher le tweet ou le sms qui doit porter l’oriflamme du renouveau monarchique.

Arbre généalogique des BourbonNouvelle affaire Charles Maurras, manifestations controversées de sa section de Marseille, participation à la Manif’ pour tous ou aux Bonnets rouges, colloque à succès avec l’ancienne députée du Vaucluse Marion Maréchal (le-Pen) qui s’est entourée d’une équipe de monarchistes reconnus pour son école politique ouverte à Lyon (ISSEP), l’Action française 2.0 a occupé le terrain de la communication avec un certain talent quasi professionnel. Parfois même involontairement avec un député Mélenchon qui aura vainement tenté de leur couper le sifflet. Et de se refaire une certaine jeunesse en resserrant ses rangs, expulsant les éléments les plus extrêmes du mouvement partis se réfugier au sein de Bastion social, sorte de Casa Pound à la française, dont certains avouent « en off » se réjouir du réveil du prince Louis- Alphonse de Bourbon. La NAR qui « incarne un royalisme aux accents gaullistes l’ayant amené dans les sphères du pouvoir durant les deux septennats de François Mitterrand et qui en 2002 participera à la campagne de Jean-Pierre Chevènement. » a rajeuni considérablement son bureau politique. C’est une nouvelle génération de vingtenaires résolument branchés, modernes et de quadras médiatisés qui s’apprêtent à prendre la suite de Bertrand Renouvin, figure notable du royalisme français, devenu un patriarche écouté dont la verve et l’analyse politique en font encore un mousquetaire du roi redouté de tous.« Nous voulons toucher tous les Français sans adapter notre discours. Nous avons des principes, des idées mais il n'est pas question de faire de compromis. Nous ne plions pas avec le sens du vent » affirmait Antoine Berth, un cadre de l’Action française à RTL, en 2016, et qui résume la manière dont le royalisme souhaite aujourd’hui s’affirmer dans « nostre bon royaume françois ». Monarchie constitutionnelle, semi-constitutionnelle ou absolue, les deux princes ont en commun de vouloir réaliser la première ou de la ré-inventer.

La Légitimité qui ne possède aucun mouvement militant- Dieu pourvoira au trône après tout disent le plus sérieusement du monde ses militants les plus ultra –catholiques- a mis tous ses espoirs dans le fils du duc de Cadix. De garçon timide à soldat de la Reconquista, le prince semble avoir franchi le Rubicon de la politique avec l’affaire Franco. Bien que ses conseillers rappellent à foison qu’il ne se mêle pas de cela, nonobstant ses déclarations aux médias espagnols. En voulant exhumer, sans que personne ne le leur demande, le corps du généralissime qui a gouverné l’Espagne d’une main de fer entre 1939 et 1975, les socialistes ont réveillé la fureur du taureau castillan qui sommeillait chez le duc d’Anjou. Une position délicate pour celui qui est autant un Grand d’Espagne en devenir, président d’honneur de la Fondation Franco qu’un prétendant au trône capétien. L’aîné des Bourbons, titre qui lui est reconnu volontiers par la partie adverse, a levé l’oriflamme de la sainte défense des valeurs traditionnelles de la famille comme celui de l’héritage franquiste dont il est le dépositaire. Une levée de bouclier inattendue chez le fils du duc de Cadix, plus habitué à serrer les mains des têtes grises et autres groupies qui peuplent le légitimisme ,dont le passe –temps semble être devenu un « un jeu sentimental à justification intellectuelle qui meuble agréablement l'esprit » peut-on lire sur le blog Royal-Artillerie à la plume incisive. Doit-on y voir un reproche à toutes ces créations photo-shoppées qui pointent le bout de leur nez sur les nombreuses pages qui sont consacrées au prince Louis de Bourbon (notons que son second prénom est toujours gommé de tous communiqués et qui n’est pas sans rappeler le tour de passe-passe inventé par l’Institut de la Maison de Bourbon pour effacer tout hispanité au duc de Ségovie) et qui font l’objet de plaisanteries douteuses sur son auteur autoproclamé gardien du temps et membre de l’Union des Cercles Légitimistes de France ? Une UCLF qui continue d’enseigner le chambordisme comme on apprend le catéchisme au sein des institutions de la Fraternité Saint-Pie X. Tout dans l’intégrisme suranné qui ne laisse aucune place à la modération. Deo gratias. Mais qu’importe, le roi est le roi et on ne remet pas en cause les actions du souverain légitime, fusse-t-il au-delà des Pyrénées. Après tout, là où est le prétendant au trône, la France est ! Et si l’affaire Franco a muré la Légitimité dans un silence gêné et assourdissant, les plus fidèles d’entre-eux exultent. Après une couverture sur le Figaro Magazine (2016) et la naissance d’un futur dauphin, duc de Bretagne à venir, une participation remarquée au Congrès des Famille qui lui a donné une stature internationale, un reportage dans le Wezbine « Vice », un passage aux Invalides pour commémorer sa fondation par Louis XIV-bon sang ne saurait mentir- le duc d’Anjou a été classé parmi les nombreux influenceurs du royaume d’Espagne. Et le plus fortuné également. Une manne financière que ses partisans voudraient bien voir investie dans la cause en lieu et place de ses soirées à Sotogrande. Cependant, toute croix de Bourgogne sortie au côté du leader de Vox, ce mouvement de la droite nationaliste espagnole, vague ersatz du Parti Populaire, il n’en faut pas moins pour re-galvaniser des troupes encore sous le coup de son absence cette année aux commémorations du 21 janvier et qui avait laissé 600 d’entre eux bien orphelins dans la nécropole des rois, à Saint-Denis. Les selfies devront attendre l’année prochaine.

Membres de l action francaiseUn combat qui a laissé derrière lui des victimes. L’Alliance royale, vitrine officielle du royalisme, a été mise en sourdine depuis plusieurs mois. A-dynastique, créée à l’aube des années 2000, elle vivote. Ses multiples crises internes, ses accointances avec des mouvances issues de la droite la plus dure et son manque d’ouverture auront eu raison de son existence dont la plupart des cadres sont partis rejoindre soit Philippe de Villiers, soit Marine Le Pen. Et si son délégué Robert de Prévoisin, candidat malheureux de la dernière élection présidentielle, est encore intervenu récemment à la radio, sans que cela ne soit véritablement diffusé sur les réseaux sociaux, son intervention plutôt inaudible en soi, ressemble plus à un baroud d’honneur qu’autre chose. En annonçant qu’il allait lancer une souscription nationale en vue des élections européennes afin de renflouer sa trésorerie, l’Alliance royale a débuté l’écriture des dernières pages de son histoire, l’a-dynastisme était une solution rejetée par les mouvements monarchistes bien que réclamée par la nouvelle génération militante, agacée par ces querelles de clochers.

Avec ce nouveau« revival princier », sommes-nous alors entrés de nouveau dans un processus de reconquête monarchiste qui doit aboutir à court terme à la fin de la Vème république ? Les nombreux débats sur les possibilités d’une restauration de la monarchie en France, organisés dans la foulée du mariage médiatisé du prince Henri de Galles avec la starlette Megan Markle, montrent l’intérêt que celle-ci suscite dans l’espace public. Avec un monarchisme républicain poussé à son extrémité par un Président qui cherche à concilier passé et présent pour son égo personnel, les français ne seraient-ils pas aujourd’hui plus tentés de remplacer la copie par l’original ? Pour l’écrivain Michel Houellebecq, la réponse est assez claire. « La royauté est un régime qui a fait ses preuves, ce qui n’est pas le cas forcément des régimes postérieurs. La monarchie a quand même beaucoup amélioré le pays. C’est une option tout à fait envisageable. ». Un roi en France ? lui demande alors la Revue des Deux-mondes en 2017. « Oui, l’idée se défend » répond t-il
.
Avec 17% des français soutenant l’idée du retour du roi ( avec une forte adhésion chez les sympathisants de la droite et du centre avec 22 % et au sein du du Front National avec 37% des voix contre 4% pour la gauche) ou encore 29% des Français qui pourraient voter pour un candidat royaliste au premier tour de l’élection présidentielle si toutefois celui-ci présente un programme crédible, la route vers le retour de la restauration du roi semble désormais ouverte. Selon le sondage BVA de 2016, l’image de stabilité et d’unité incarnée par le roi , rempart à toutes formes de communautarismes , était la première notion avancée chez les sondés. Reste à savoir toujours à savoir quelle Jeanne d’Arc saura guider l’un des deux prétendants sur son trône légitime ou dans l'hémicycle de l'assemblée nationale ?

Copyright@Frederic de Natal

Publié le 27/10/2018

Ajouter un commentaire

Anti-spam