Le roi versus internet

Le roi Tupou VILe roi du Pule'anga Fakatu'i 'o Tonga est agacé et le fait savoir. Monarque d’un pays composé de 3 archipels et plus d’une centaine d’îles, le roi Tupou VI ne supporte plus les critiques contre la monarchie qui se propagent sur les réseaux sociaux.

D'après diverses sources médiatiques, le roi serait sur le point de censurer totalement Facebook où agissent des personnes, de manière anonymes sur un groupe nommé « Mo’oni mo Totonu » (« vérité et démocratie»). Bien qu’il soit un souverain constitutionnel, Tupou VI dispose de larges pouvoirs et d'une loi de crime anti lèse-majesté qui protège la famille royale de toutes critiques. Certains messages récupérés sur le célèbre réseau social ne laissent guère de place aux doutes, menaçant le roi et sa famille, réclamant que le pouvoir exécutif dont il bénéficie lui soit retiré voir que soit organisé un coup d’état. La polémique a éclaté alors qu’un projet de loi controversé menace d’affaiblir les pouvoirs du roi et renforcer ceux du premier ministre. Le royaume du Tonga a été la victime d’une révolution en 2006 et qui a forcé son prédécesseur et frère aîné éponyme à renoncer à son pouvoir absolu deux ans plus tard puis introduire l’élection du parlement au suffrage universel. D’après les informations, la décision du roi serait motivée par le fait que « le gouvernement n’est pas à même de suivre tous les faux profils afin de les poursuivre en justice ».

«Dieu et Tonga sont mon héritage » proclame fièrement la devise de la monarchie. D'obédience méthodiste, le royaume du Tonga est une des rares monarchies conservatrices du XXIème siècle à maintenir illégale toutes activités homosexuelles, punies de 10 ans d’emprisonnement. En 2011, le roi Tupou V avait refusé de signer le projet de loi discuté aux Nations Unies qui protège la communauté gay et lesbienne de toutes violences dans le monde. Le royaume est l’objet de fréquents affrontements entre les pro-démocraties qui réclament plus de libertés politiques et sociales et les traditionalistes proches de la maison royale qui prônent un retour aux valeurs ancestrales.

A propos du réseau social, le directeur de cabinet de la télévision nationale a qualifié Facebook de « monde de démons qu’il faut impérativement stopper ». Le gouvernement s’est toutefois défendu de vouloir imposer une censure de tous les médias dans le royaume.

Copyright^Frederic de Natal

Publié le 21/08/2019

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