Monarchies et Dynasties du monde Le site de référence d’actualité sur les familles royales

Le prince Hamzah, accusé de coup d'état, assigné à résidence

Le prince Hamzah (gauche) et le roi Abdallah  II ( droite)La nouvelle est tombée tardivement sur les chaînes d’information en continu. Une tentative de coup d’état aurait été déjouée par les services secrets du royaume Hachémite de Jordanie. Le palais royal d’Amman a immédiatement ordonné une vague d’arrestation au sein de la cour dont plusieurs conseillers du roi et l’ancien prince héritier Hamzah, assigné à résidence.  Dans une courte vidéo, le demi-frère du roi Abdallah II «  accuse les dirigeants du pays de corruption, d’incompétence et de harcèlement »  mais nie toute participation au putsch.

L'armée déployée dans la capitaleHier soir, les rues de la capitale du royaume Hachémite se sont soudainement couvertes de soldats en uniformes venus sécuriser le palais royal dans le quartier de Dabouq d’Amman. Rapidement, le roi Abdallah II a ordonné de nombreuses arrestations parmi lesquelles plusieurs conseillers de la cour royale et assigné à résidence son demi-frère, le prince Hamzah Ben al Hussein. A 41 ans, l’ancien prince héritier, le « plaisir des yeux du roi Hussein »,  est accusé par l’actuel souverain d’être à la tête d’une tentative de putsch pour laquelle il nie pourtant toute participation.  Une déchéance de son titre décidée par le roi Abdallah II en 2004 au profit de son fils le prince Hussein, qu’Hamzah et la reine Noor n’ont jamais accepté et vécu comme un véritable camouflet au sein d’un royaume, considéré comme un allié fidèle de l’Occident et des Etats-Unis.

Le prince Hamzah dans sa vidéo adressée à la BBCDans une vidéo transmise à la chaîne de télévision britannique BBC par le biais de son avocat, le prince Hamzah Ben al Hussein a accusé les dirigeants du royaume de « corruption, d’incompétence et de harcèlement » et se dit victime d’un «  harcèlement ». « Ce pays s’est enfoncé dans la corruption, dans le népotisme et dans la mauvaise administration, avec pour résultat l’anéantissement ou la perte de l’espoir. Nous avons atteint un point où plus personne ne peut parler ou exprimer son opinion sur quoi que ce soit sans être intimidé, arrêté, harcelé ou menacé » a déclaré le prince, visiblement épuisé.  Face aux nombreuses questions de la presse, le chef d’état-major jordanien, le général Youssef Huneiti, a précisé que le frère du roi avait été  « appelé à arrêter des activités qui pourraient être utilisées pour porter atteinte à la stabilité et la sécurité du royaume » et ajouté que « nul n’était au-dessus de la loi ». Selon le quotidien Washington Post, « la découverte de ce que des responsables du palais ont décrit comme un complot complexe et de grande envergure » impliquerait « le prince Hamzah, des chefs tribaux et des membres de la direction de la sécurité du pays ».  L’agence  officielle gouvernementale « Petra » a d’ailleurs confirmé que deux conseillers du roi, Hassan bin Zaid (émissaire royal en Arabie Saoudite) et Basem Awadallah (ancien ministre et  chef de la Cour royale qui avait démissionné en 2008 après avoir vertement critiqué les réformes mises en place par Abdallah II, jugées trop modernistes), ont été arrêtés aux premières heures de l’opération militaire qui se poursuit ce matin. La chaîne  Al Arabiya a, de son côté, annoncé que des collaborateurs et amis du prince Hamzah, qui est diplômé de la Harrow School et de l’Académie militaire royale de Sandhurs et détient le grade de capitaine dans l’armée, avait été emprisonnés sans que l’on connaisse le lieu de leur détention. 

Face à cette tentative de putsch, les monarchies et républiques arabes ont immédiatement apporté leur soutien au roi Abdallah II. Le royaume d’Arabie Saoudite s’est dit « être aux côtés de la Jordanie et soutenir les décisions du roi Abdallah pour défendre la sécurité de son pays ». On ne sait pas si la reine Noor, quatrième épouse du défunt roi Hussein, est actuellement assignée à résidence ou libre de ses mouvements. Il s'agit d'une crise inédite et qui semble avoir échappé à tout contrôle. Bien que la famille royale de Jordanie ne soit pas la première des familles royales du monde à en faire l'expérience cette année, les Hachémites doivent faire face à un mécontentement général qui trouve ses racines dans la crise sanitaire du covid-19. Une pandémie qui a ébranlé fortement son économie et erodé la popularité de la famille royale.

Copyright@Frederic de Natal

Date de dernière mise à jour : 04/04/2021

Ajouter un commentaire

Anti-spam