Les Romanov, un couple au chevet des plus démunis

Héritiers au trône de Russie, le Grand-duc Georges Romanov et la princesse Victoria Romanovna ont accordé un entretien au quotidien espagnol El Mundo. Préoccupés par la situation actuelle qui prévaut à l'Est de l'Europe, ils entendent rester et incarner un lien de paix entre deux peuples-frères séparés par les affres de l'Histoire.

Alors que les relations entre la Russie et l’Union Européenne (UE) se sont tendues depuis deux ans, le Grand-duc Georges Romanov (42 ans) et la princesse Victoria Románova (41 ans) tentent de maintenir ces liens rompus par la guerre en Ukraine. Début mars 2024, ils ont accordé un entretien au quotidien espagnol El Mundo depuis Paris où ils résident régulièrement. "Nous avons agi sans considérer les nationalités des unes et des autres. Nous avons coordonné la distribution de 60 000 tonnes de produits de première nécessité via des associations alimentaires", de leur propre initiative, expliquent-ils d'entrée de jeu. 

 

 

Une branche unanimement reconnue par les maisons royales d'Europe

Née Rebecca Bettarini, elle a changé de nom lors de son mariage médiatisé avec le Grand-duc Georges Mikhaïlovitch Romanov en 2021, célébré à Saint-Pétersbourg. De nombreux représentants de maisons royales avaient fait le déplacement dans l’ancienne capitale impériale de Russie.  Issu de deux dynasties prestigieuses, aujourd’hui dépourvues de couronnes par les affres de la Première Guerre mondiale, le Grand-duc Georges, descendant du Tsar Alexandre II a été élevé dans la perspective de monter un jour sur le trône de Russie. Soutenu par un tiers des Russes et par de nombreuses associations monarchistes, le prince évite de prendre des positions politiques. D’ailleurs, c’est sa mère, Maria Wladimirovna Romanov (70 ans) qui est officiellement l'héritière en titre, " reconnue par d'autres maisons royales " rappelle le quotidien. "Elle est la personne que le gouvernement russe appelle lors des événements officiels et invite à toutes les cérémonies", précise encorte la princesse Victoria. 

 

 

Une dynastie qui fascine encore, meurtrie par l'Histoire

Depuis le couronnement du premier Romanov, Michel Ier de Russie, le 21 février 1613, jusqu'à l'abdication forcée du dernier tsar, Nicolas II, les Romanov ont exercé le pouvoir impérial pendant plus de 300 ans. Leur règne s'est tragiquement conclu avec la révolution bolchevique de février 1917, suivi par l'assassinat brutal du tsar et de sa famille sur ordre du soviet régional de l'Oural en juillet 1918. Il a fallu attendre la chute du régime soviétique (1991) pour que les descendants des diverses branches de la maison impériale puissent être revenir dans un pays qu’ils avaient quitté précipitamment. Réfugié en France, le Grand-duc Cyrille Vladimirovitch (1876-1938), cousin de Nicolas II, arrière-grand-père de Maria Wladimirovna, a repris les prétentions au trône, étant le plus proche de celui-ci. Victoria Románova profite de l'occasion pour raconter l'histoire poignante de la mère de son mari, la grande-duchesse Leonida (1914-2010), contrainte à l'exil et à une vie itinérante jusqu'en Espagne, où elle a épousé le Grand-duc Vladimir Kirilovitch de Russie (1917-1992). La famille impériale, en dépit de conte de fées, a dû faire face à des épreuves difficiles après la révolution, traquée par les communistes, vendant leurs biens pour survivre. Tous les membres de cette dynastie n’ont d’ailleurs pas eu le même destin, ni la même gloire, certains lâchement exécutés par les communistes. 

 

 

Un couple au chevet des plus démunis

La maison impériale reste pourtant divisée. La présidente actuelle de l'Association de la famille Romanov, Olga Andreïevna Románova (73 ans), londonienne et petite-fille de Xenia Romanov, sœur de Nicolas II, nie la légitimité de la Grande-duchesse Maria et de son fils Georges comme héritiers au trône. Une controverse que balaye la princesse Victoria qui souligne les différences de sa famille avec l'Association, qualifiant leur démarche de soudaine et instable, sans liens avec eux. Malgré ces différends alimentés par les partisans respectifs des deux camps sur les réseaux sociaux, Georges et Victoria Romanov s'efforcent de préserver les valeurs traditionnelles et la notion de charité au cœur de leur famille. En 2019, le couple a concrétisé son engagement humanitaire avec la création de la Fondation Impériale, distribuant des secours alimentaires à travers plusieurs pays touchés par la pandémie. Ils ont également collaboré avec l'Ordre de Malte, lancé des projets dans des zones de crise et soutenu les enfants autistes, produisant même un film primé sur le sujet et ont appelé à la paix entre la Russie et l'Ukraine, à diverses reprises.

Résidant entre Madrid, Paris, Saint-Petersbourg et Rome pour des raisons professionnelles et familiales, le couple, heureux parents du prince Alexandre, un an et demi, parlant six langues, aspire à offrir à leur fils,  une enfance heureuse, tout en maintenant vivantes les séculaires traditions familiales profondément enracinées dans leur blason, l'aigle bicéphale des Romanov. Une dynastie qui continue encore de fasciner des générations entières.

Copyright@Frederic de Natal

Date de dernière mise à jour : 12/03/2024

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