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Elizabeth II : « Megxit et annus Harrybilis »

Extraits article de journaux sur l'interview de Harry et Meghan Markle . Photo Die WeltSavamment orchestrée depuis une semaine à coup de « teasers » publicitaires, l’interview du prince Henry de Galles et de son épouse Meghan Markle a été au-delà de toutes les attentes et largement suivie par une surenchère médiatique hystérique. Les révélations du duc et de la duchesse de Sussex ont déclenché une tempête à Buckingham Palace qui se serait bien passé de cette mauvaise publicité de la part d’un couple qui a officiellement quitté la Maison royale des Windsor pour s’acheter une tranquillité loin des affres de la Couronne. Accusations et contradictions ont ponctué cette interview-choc accordée à l’animatrice Oprah Winfrey qui a su offrir à son public tous les ingrédients d’un show américain réussi sur la chaîne de télévision CBS. Mais pour autant, la monarchie britannique est-elle vraiment menacée dans ses fondements alors que le mouvement républicain s’est engouffré dans la brèche et réclame un débat public sur l’avenir de l’institution royale ?

Harry et Meghan Markle face à Oprah Photo puglieseharpo productions via apL’interview était attendue depuis une semaine et redoutée par Buckingham Palace qui n’a pas été déçu des révélations offertes en pâture aux téléspectateurs de la chaîne américaine CBS. Face à l’animatrice et productrice Oprah Winfrey, reine du talk-show américain, le prince Henry de Galles et son épouse Meghan Markle ont brisé la célèbre maxime du « Never explain, never complain » fidèlement respectée par la reine Elizabeth II depuis qu’elle est montée sur le trône en 1952. Parfaitement à l’aise dans un système qu’elle connaît bien en tant qu’ancienne actrice, la duchesse de Sussex n’a pas hésité à livrer à la poubelle de l’histoire toutes ses frustrations et ses sentiments à travers une parfaite maîtrise de sa communication.  A commencer par le choix de ses vêtements et de bijoux mis en avant. Robe similaire à celle de Wallis Warfield Simpson, cette demi-mondaine qui par qui le scandale est arrivé et qui a contraint Edward VIII à abdiquer en 1936 avec perte et fracas ou encore affichant ostensiblement le bracelet de Lady Diana (pour laquelle elle éprouve une vraie fascination de son propre aveu), la mère du prince Harry dont le divorce avec Charles, le fils d’Elizabeth II, a été une onde de choc pour la monarchie.

Wallis warfield simpson et meghan markle deux robes similairesPression médiatique, accusations de racisme (un membre des Windsor- qu’elle ne cite pas- se serait inquiété de la couleur de peau de son fils et défiance envers son propre métissage), dépression, pensées suicidaires lors de sa grossesse, captive du palais (on lui aurait retiré ses clefs de voiture, son passeport et son permis), découverte naïve du système royal (elle s'est dite choquée de découvrir qu’elle soit contrainte de faire la révérence à la reine) ou encore le mépris protocolaire affiché par la famille royale pour la naissance d’Archie qui ne sera pas titré, Meghan Markle n’a pas hésité à pointer du doigt la responsabilité de la « Firme » lors de cet entretien. Rejointe par son époux, surnommé affectueusement Harry, celui-ci s’est plaint du peu de soutien reçu de la part de son père Charles et de son frère  William «  prisonniers d’un système qu’ils ne peuvent quitter » dans cette affaire et dont les raisons évoquées ont motivé leur départ vers les Etats-Unis, communément appelé par les tabloïds  anglais, le« Megxit ».

Harry et Meghan Markle face à Oprah Photo puglieseharpo productions via apLa presse britannique a fait ses principales manchettes sur cette interview, tirant à boulets rouges contre le couple et ne goûtant pas à cette « bombshell » qui met à mal la monarchie déjà fragilisée par la fin de règne de la « Queen ». Au mauvais timing s’ajoute des suspicions de contrats juteux négociés pour cette interview par les Sussex et s’élevant à plus de 9 millions de dollars d’après le « Wall Street journal ». Sans compter les autres revenus annexes qui reviennent dans l’escarcelle de Harry et Meghan qui ne vivraient que sur l'héritage de Diana. « La colère exprimée par le public est un signe du gouffre grandissant entre les générations » affirment déjà des experts royaux et dont certains s’amusent à y voir une suite de la série « The Crown » ancrée dans la réalité, laquelle a pourtant pris bien des libertés dans l’histoire de la famille royale. «Je suis aussi énormément frappé par les différences entre les réactions américaines et britanniques. C’est tout à fait extraordinaire que les Américains voient cette interview sous le prisme « de la reconquête de leur liberté » alors  qu’en Angleterre, nous avons toujours tendance à accepter que dès lors que vous êtes membre de la famille royale, vous soyez privés de certaines libertés» a d’ailleurs déclaré Robert Lacey, le réalisateur de cette production à succès. « Il y a désormais un fossé générationnel parce que plus de jeunes pensent probablement qu'elle est une victime, alors que les personnes plus âgées ne le voient pas de cette façon » a renchéri Penny Junor, biographe de la défunte princesse de Galles et du prince Charles .Avant d’ajouter que « Meghan est comme Diana dans la mesure où elle est une figure de division sans nécessairement avoir l'intention de l'être »

Historique des relations entre les Sussex et la moanrchieLa monarchie est-elle à la veille d’un séisme important comme l’affirme certains médias qui parlent de cette interview constellée « d’innombrables obus tirés pour faire couler la flottille [Windsor] » et qui révèlerait  « l’image d’individus insensibles perdus dans une institution réactionnaire » ?  « La monarchie est au pinacle de sa popularité, un socle dans la tourmente. Les Sussex sont plus perçus comme des stars d’Hollywood que des membres de la famille royale par le peuple » répond au journal « Le Parisien », le journaliste Marc Roche, auteur d’une biographie sur Elizabeth II. « Ils sont finalement assez isolés d’un point de vue britannique » affirme l’essayiste. A regarder de plus près, la monarchie a toujours su gérer les scandales et affaires qui ont frappé son institution avec un sang-froid total, lui permettant de garder une forte considération parmi les britanniques qui refusent de la remettre en cause. Certaines accusations de la part de la duchesse de Sussex sont même erronées notamment la question tournant autour du racisme, un cheval de bataille de Meghan Markle qui a apporté son soutien au mouvement Black Lives Matter (« La vie des noirs compte » et à qui on prête volontiers des ambitions politiques autant que d’exceller dans l’art de la manipulation. C’est d’autant mal connaître la souveraine qui s’est opposée à la politique d’apartheid en Afrique du Sud qu’elle dirige le Commonwealth, une organisation qui rassemble autant de cultures diverses que d’états sous son sceptre. Interrogé, Charles Anson , ancien secrétaire de la reine entre 1990 et 1997, a démenti fermement toute présence raciste chez la reine. Dans un pays qui a fait du multiculturalisme le fer de lance de son unité, l’attaque est mal perçue par les britanniques qui avaient pourtant fait un très bon accueil à Meghan Markle et le vent de fraîcheur qu’elle amenait au sein de la monarchie. Avant que ses frasques, ses refus de se plier aux règles du protocole ne se retournent contre elle. L’interview faisant d’ailleurs étrangement l’impasse sur les plaintes pour harcèlement moral et règne terreur auprès de son personnel qui font l’objet d’une enquête par le palais.

Meghan Markle accuse la monarchie de racismePour Graham Smith, leader du mouvement républicain, « la monarchie vient d'être frappée par sa pire crise depuis l'abdication de 1936. Que ce soit pour le bien de la Grande-Bretagne ou pour le bien des jeunes membres de la famille royale, cette institution pourrie qui en reflète pas les valeurs britanniques doit disparaître » affirme t-il, réclamant un débat public. Depuis des années, il se bat pour faire abolir l’institution royale en dépit des sondages qui ne le font pas dépasser les 15% de soutiens. « Nous avons maintenant besoin d'honnêteté dans le débat sur la monarchie qui fait cruellement défaut jusqu'à présent. L'honnêteté sur l'alternative démocratique, sur la corruption royale, sur les coûts, le tourisme et toutes les autres bêtises émises par les royalistes depuis des années » pérore Graham Smith « qui estime que la monarchie ne doit plus faire partie de l’avenir de la Grande-Bretagne ». En dépit des nombreux soutiens afro américains reçus par Meghan Markle (Harry ayant pris soin de rendre hommage à la reine Elizabeth II, «  sa colonel en chef »), allant de  la tenniswoman Serena Williams à l'actrice Whoppy Goldberg en passant par la productrice Sunnie Hostins qui a demandé publiquement que la reine présente des excuses officielles, il est peu probable que la monarchie tombe de son piédestal face à cette annus Harrybilis à laquelle est confrontée. A contrario, le retour de bâton pourrait être plus subtil et pourrait bénéficier à Charles qui ne cache pas sa volonté de réduire le nombre de royaux après son couronnement. Sixième dans l’ordre de succession, le prince Harry pourrait se voir déposséder de son titre de duc et de renoncer à tout ce qui le rattache à la « firme » tant décriée par son épouse.

« La meilleure chose que je puisse dire, c'est que j'ai toujours eu la plus grande admiration pour la reine et le rôle unificateur qu'elle joue dans notre pays et dans tout le Commonwealth. Et comme pour toutes les autres questions concernant la famille royale, j'ai passé longtemps maintenant à ne pas commenter les affaires de la famille royale et je n'ai pas l'intention de m'en éloigner » a déclaré le Premier ministre Boris Johnson qui entend fermer le ban de ce scandale et ne pas lui donner plus de publicités qu’il ne mérite. Honi soit qui mal y pense  !

Copyright@Frederic de Natal

Date de dernière mise à jour : 09/03/2021

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