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Le comte Louis de Causans, « prétendant sans son Rocher »

Louis de causans @LeParisien« Ce que je souhaite, c’est que la vérité éclate et que cette injustice qui a été réalisée par la France, auprès de ma famille, soit réparée ». Interviewé par le journal Le Parisien, le comte Louis de Causans a décidé de poursuivre la République française devant un tribunal administratif de justice « dans le cadre d’une procédure dite de responsabilité sans faute ». Selon ce cousin d’Albert II de Monaco, Paris aurait délibérément spolié sa branche de ses droits sur le trône de la principauté. Ce prétendant réclame désormais à l'Hexagone la somme substantielle de 351 millions d’euros, prix du bannissement de sa famille du Rocher. 

Albert II et son épouse Charlène« Une escroquerie » dynastique. Depuis deux ans,  le comte Louis de Causans tente d’obtenir réparation auprès du tribunal administratif de justice «  dans le cadre d’une procédure dite de responsabilité sans faute ». Cousin d’Albert II de Monaco, il affirme que Paris aurait délibérément choisi de soutenir la branche Grimaldi qui règne actuellement sur le Rocher en lieu et place de la sienne plus légitime généalogiquement et sur le plan successoral. Un conflit familial qui remonte à la Première guerre mondiale. Fils d'Albert Ier, le prince Louis (II) de Monaco n’a qu’une fille, Charlotte (1898-1977), issue d’une relation avec une lingère de Constantine, Marie-Juliette Louvet. Hors selon les règles établies, la couronne devait revenir à cette époque au duc d’Urach. Un choix qui ne plaît guère à la République voisine française inquiète de voir un allemand régner à ses portes. Une France qui va autant intriguer pour écarter cette branche du trône qu’elle va manipuler le prince régnant afin qu’il reconnaisse en mars 1919 la légitimité de Charlotte, titrée duchesse du Valentinois. Acté devant le président Raymond Poincaré lui-même, on s’empresse de la marier à un prince Pierre de Polignac. Par la magie d’une plume à l’encre noire, ce dernier devient de nom … un Grimaldi. Un mariage des plus mal assorti qui donnera naissance à Rainier III (1923-2005) et Antoinette de Massy (1920-2011). 

Généaogie de Louis de Causans @LeParisienLes premières revendications de la famille du comte de Caussans apparaissent en 1949 à la mort de Louis II. Aynard Guigues de Moreton, comte de Chabrillan (1890-1950), arrière-petit-fils de la princesse Honorine de Monaco (1784-1879), fit part de ses droits naturels au trône. Sa famille, qui avait récupéré les droits de la branche d’Urach (qui avait officiellement renoncé à ses droits sur Monaco en 1925), faisait valoir qu’une adoption, quand même doublée d'une filiation naturelle, ne pouvait  produire aucun effet en droit successoral dynastique en faveur de la branche issue de bâtardise. Ce n’était d'ailleurs pas sa première tentative du genre. En 1933 avec l’aide de la journaliste Elizabeth de Gramont, il avait tenté d’alerter l’opinion sur ce qu’il considérait comme « un vrai coup d’état » au sein de la famille princière. Son acolyte s’était aussi fendue d’un article à charge contre les Grimaldi qui indigna le palais princier. Le journal « Vu » pour lequel elle travaillait sera immédiatement interdit à Monaco après ce crime de lèse-majesté. Le comte de Chabrillan ira plus loin encore en faisant  imprimer pour chacun de ses « sujets », un opuscule démontrant la validité de ses droits avant de recevoir le soutien d’une faction intrigant pour faire déchoir de ses droits le prince héritier Rainier. Monaco prendra tout de même l’affaire au sérieux et demandera à la police française de mener à une enquête avant de la faire refermer tout aussi rapidement. Sans explications. Si Albert Ier n’avait pas modifié la loi de succession, ce serait donc le fils du comte Xavier de Caumont La Force qui devrait être aujourd’hui le véritable souverain de la principauté de Monaco ? Dans un précédent enregistrement vidéo mis en ligne, Louis de Causans avait dénoncé « ce tour de passe –passe » (imaginé) « par l’état français qui a voulu mettre la main sur Monaco en quelque sorte ».  Preuve en soi que sa famille aurait présenté un danger pour le père du prince Albert II, l’expulsion de sa famille de Monaco comme l’a révélé en 1955 son arrière-grand-mère, la comtesse Armand de Caumont La Force, dans une lettre rendue publique. 

Le palais princier de MonacoDébouté une première fois en 2009, faute d‘avoir pu prouver correctement sa filiation et ses droits, le comte de Causans persiste dans ses réclamations. « L’adoption de Charlotte est un cas unique dans l’histoire des monarchies européennes et il y a eu un véritable acharnement à la légitimer  » affirme la généalogiste Sophie Chevalier qui assiste l’aristocrate et qui se moque de ce jugement tant «  la généalogie de Louis de Causans est une évidence, connue et facile à vérifier ». « Monaco et la France ont toujours voulu que ce sujet reste tabou. Ce n’est maintenant plus le cas » renchérit le cousin du prince Albert II.  « Pour la première fois depuis l'adoption de Charlotte, nous connaîtrons la position de l'État français », ajoute son avocat au journal  « Le Parisien » qui couvre cette histoire.  A 47 ans, que l’on se rassure, Louis de Causans n’entend pas détrôner son cousin. Ce mondain (sa société « Dreamworld organise chaque année « Le bal Louis XIV » à Paris qui draine des grands noms de l’aristocratie française et européenne), qui défend à l’occasion des causes animales, entend faire uniquement reconnaître devant les juges, cette manipulation d’état dont a été victime sa famille et qui a « engendré une situation dramatique et difficile » pour elle. « Une question d'honneur » pour ce  « prétendant sans son Rocher » qui a tout de même un prix : 351 millions d’euros.

Copyright@Frederic de Natal

Date de dernière mise à jour : 06/08/2021

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