«Dieu, le Prince et la Patrie» face au covid-19

Alois von und zu liechtenstein /Le Temps« Une monarchie apporte beaucoup de stabilité et de continuité parce que le chef de l'Etat n'a pas à faire face à une réélection régulière. Il doit donc toujours agir dans l'intérêt à long terme du peuple ». C’est une principauté qui a juste 300 ans et qui a pour devise « Pour Dieu, le Prince et la Patrie ». Située en plein cœur de l’Europe, le Liechtenstein est le dernier vestige vivant de ce qui fut jadis le Saint-Empire romain germanique. Monarchie constitutionnelle dirigée par le prince Hans-Adam II, c’est son fils aîné le prince Aloïs qui assure la régence depuis 2004. Tous les 15 août, jour de la fête nationale, le prince rassemble ses sujets devant l’imposante forteresse de Vaduz. Pandémie de covid-19 oblige, cette année le prince héréditaire s’est contenté d’un discours aux accents volontaristes et optimistes tout en restant ancré dans la réalité de la crise sanitaire.

Avec moins « 1,7% de chômage et un PIB par habitant, le double de celui de la Suisse » nous indique le journal « Le Temps », la principauté du Liechtenstein est un modèle envié par tous ses voisins. Selon Michael Wohlgemuth, c’est même «le pays le plus performant d’Europe en termes économiques, politiques et sociaux» affirme cet économiste reconnu. Un succès qui doit autant à sa fiscalité attractive qu’a son régime monarchique qui, tout en respectant le principe parlementaire, octroie de larges pouvoirs à son prince (tel qu’un droit de veto sur les lois, celui de dissoudre le Parlement ou celui de nommer lui-même les juges d'une justice qui ne peut le poursuivre pénalement). Ceux qui ont tenté de réduire les prérogatives du monarque s’y sont cassés les dents plus d’une fois. La famille von und zu Liechtenstein, une des plus fortunées du monde, reste très aimée par la majorité de ses 39 000 habitants.  «Nous célébrons la fête nationale de cette année d’une manière spéciale, en raison de la pandémie. Nous avons dû renoncer à la cérémonie d’état devant le château, à la fête folklorique et aux feux d’artifice. Néanmoins, célébrons là aujourd’hui de façon solennelle et réfléchissons à la fois au passé et à l’avenir.». En avril lors d’une interview au journal « Volksblatt », le prince Aloïs avait averti les citoyens de son état que la crise sanitaire le contraignait à renoncer aux festivités annuelles du 15 août, invitant chaque liechtensteinois à se réunir en petits comités.

Château de VaduzLoin céder au pessimisme ambiant, le discours du prince s’est voulu volontiers politique et a dessiné les prochaines lignes que sera chargé de mettre en application son gouvernement. Evoquant l'État-providence et les possibilités qu'a le Liechtenstein à pouvoir aider sa population, il a appelé à une modernisation de l'économie et à l'amélioration des infrastructures afin de pouvoir couvrir des dépenses supplémentaires en cas de nouvelle crise sanitaire. « Outre la bonne coopération et la grande solidarité, nous avons pu bénéficier de nos autres atouts afin de faire face à cette crise : de notre esprit d’entreprise et de notre capacité à innover (…) des cadres politiques économiquement  stables, d’une gestion stricte du budget de l’État et un système social bien développé », a déclaré satisfait le prince héréditaire. « Comparé à d’autres pays, nous avons jusqu’à présent été en mesure de faire face à la pandémie avec beaucoup de succès. À ce stade, je voudrais remercier tous ceux qui ont fait un effort particulier ces derniers mois, en particulier ceux qui sont responsables du gouvernement et de l’administration, ainsi que de la santé et des soins. Je tiens également à remercier les nombreux bénévoles qui ont spontanément aidé, que ce soit avec les courses, la garde d’enfants ou avec un soutien financier » a poursuivi le prince Aloïs qui a félicité les services concernés qui se sont mobilisés afin de permettre à la monarchie d’être relativement préservée du covid-19. A peine 94 cas recensés et 87 guérisons sur l’ensemble de la principauté.

Traditionnelle fete du liechstenstein « Pour que cela puisse continuer, nous devons d’abord évaluer les résultats obtenus sur la pandémie afin de tirer les leçons de la crise et de nous préparer au mieux à faire face à une nouvelle vague . Il faut aussi penser à d’autres scénarios de crise, car si on pense justement avoir tiré des leçons de la dernière crise,  nous devons éviter toute impréparation pour la suivante à venir » a néanmoins averti  le régent. «Nous pouvons relever les défis des mois qui viennent avec une grande confiance » a déclaré malgré tout le prince Aloïs, qui s’est montré à la hauteur de la tâche qu’il occupe. Avant de souhaiter de bonnes vacances à tous et sous la bénédiction de Dieu en guise de conclusion.

Actuellement âgé de 52 ans , lors d’un entretien en avril 2019, le prince Alois avait expliqué sa conception du régime monarchique. « Une monarchie apporte beaucoup de stabilité et de continuité parce que le chef de l'Etat n'a pas à faire face à une réélection régulière. Il doit donc toujours agir dans l'intérêt à long terme du peuple » avait précisé le régent. Avant de confirmer son refus de laisser monter les femmes sur le trône. « Cela affecterait la stabilité très chère à notre pays » avait affirmé le fils du prince Hans-Adam II. Honni soit qui mal y pense.

Copyright@Frederic de Natal

Date de dernière mise à jour : 19/08/2020

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