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Sauver le soldat "Europe" !

Karl de Habsbourg-LorraineLe 23 avril, le prétendant à la couronne austro-hongroise, l’archiduc Karl de Habsbourg-Lorraine, a accordé un entretien à l'Agence nationale de presse ukrainienne, « Ukrinform ». Pour le président du Paneuropa bewegung österreich (mouvement paneuropéen autrichien), qui évoque une nouvelle redistribution des cartes mondiales, il y’a urgence à sauver le soldat «Europe» face à la montée des mouvements populistes, favorisée par la crise du covid-19.

L’héritier de la couronne austro-hongroise s’est remis au travail. Touché par le covid-19 en mars dernier, qu’il avoue avoir largement minimisé à ses débuts, guéri depuis, l’archiduc Karl de Habsbourg-Lorraine a décidé de battre campagne en faveur de l’Europe, cette institution technocratique qu’il défend avec acharnement. Comme son père, Otto, avant lui. « L'évolution de la pandémie nous montre que l'ordre international est déjà en train de changer très fortement » déclare t-il à Wasyl Korotkyj, venu l’interviewer à Vienne. « Je ne peux pas prédire à quoi ressemblera le monde après le covid-19. Cela dépendra entre autres de la durée de cette crise. Ce que je peux dire avec certitude, c'est que la dette des États augmentera considérablement. Ce sera un fardeau pour la prochaine génération » renchérit le petit-fils de l’empereur bienheureux Charles qui entrevoit une redistribution des cartes mondiales.

Il livre son analyse à ce sujet : «Les États-Unis en sont l'exemple. Ils pensent gouverner le monde mais en réalité ne gouverne plus rien. La Russie veut être une puissance mondiale, mais devra faire face à des problèmes économiques si le prix du pétrole continue à s'effondrer. La Chine tente toujours, entre autres, de revendiquer un leadership mondial avec la «Nouvelle route de la soie». Les courants nationalistes en Europe qui rêvent d'un retour à l'Etat-nation des années 50 font fausse route. En fait, tout ce mode de pensée va disparaître .Nous constatons plutôt l’émergence de nouvelles alliances régionales en Asie ou en Afrique, dont certaines s'inspirent de l'Union Européenne (UE), en forte croissance, ce qui est logique compte tenu des défis actuel auxquels nous sommes confrontés».

Karl de Habsbourg-LorraineDes changements de gouvernance à venir, victime d’un effondrement économique à venir ? « Nous ne pouvons pas encore estimer ce que vont être les effets économiques du Covid. Par exemple, je me demande toujours quelles seront les conséquences de la baisse des prix du pétrole. Cependant, il y’a danger. Le grand talent des mouvements populistes est d’appuyer le doigt sur les blessures de la société et exploiter les failles politiques des gouvernements » répond l’archiduc Karl qui dénonce les agissements de la Russie. « La Russie est passée maître dans l’art de la désinformation et de la manipulation » affirme le prince qui explique que le Kremlin a profité de la non capacité de l’UE à fournir des masques de protection pour envoyer « une unité de défense russe en distribuer en Italie avec des camions où on pouvait lire sur leurs flancs, « de la Russie avec amour ». « Les images de ces camions ont été diffusés par tous les médias et [Poutine] a réussi un très bon coup de communication » poursuit Karl de Habsbourg-Lorraine qui parle de mystification. « Moscou n’a aucun intérêt de voir l’Europe être unie puisqu’elle perturbe sa volonté hégémonique. Si nous restons divisés, les tensions vont augmenter dans toute l’Europe et nous prenons le risque de devenir une puissance insignifiante face aux autres » averti l’héritier de la couronne qui réclame que l’Europe continue sa politique d’adhésion d’états membres, citant l’Albanie, l’Ukraine et la Macédoine, afin de stopper la Russie et renforcer le pouvoir de l'UE.

Le projet européen est-il vraiment menacé par la montée des nationalismes qui profitent de cette crise pour dénoncer la faillite des gouvernements et de l’Europe ? « Ces mouvements sont assez incohérents à vrai dire. D’un côté, ils critiquent l’absence de gestion par l’UE dans la crise du coronavirus, de l’autre, ils dénoncent son ingérence. Hors que constatons nous ? La commission européenne a agi très rapidement, dès le début de la crise, alors que techniquement les compétences en matière de santé appartiennent aux seuls états –membres et cela n’est pas du ressort de l’UE. S’il est naturel que l’on se replie sur soi-même dans des temps de forte crise, il ne faut pas se tromper pour autant de route notamment pour des raisons économiques et de politique étrangère » explique le prince impérial. « Ce dont nous avons besoin, c'est d'une protection sure et efficace de nos frontières extérieures afin de contrôler les mouvements migratoires. Mais en Europe, l'objectif doit rester l'ouverture totale des frontières de l’espace Schengen » poursuit Karl de Habsbourg-Lorraine qui s’étonne que Bruxelles ait pris une décision contraire même à son propre esprit et qui ne peut que favoriser l’émergence des nationalismes en tout genre.

Copyright@Frederic de Natal

Date de dernière mise à jour : 26/04/2020

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