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Harry Potter attaque la monarchie du roi Voldemort

Harry potter a l assaut de la maison royaleL’histoire aurait pu passer pour une plaisanterie si elle n’était pas aussi sérieuse.  Depuis plusieurs jours, le gouvernement du roi Rama X est l’objet d’une forte contestation. Rassemblés quotidiennement devant le monument dédié à la démocratie, les étudiants réclament le retour à la monarchie constitutionnelle et la fin de la loi de crime de lèse-majesté.  Le 3 août dernier, en dépit des avertissements et des menaces proférées par les ultra-royalistes, la jeunesse thaïlandaise a donné un nouveau tournant à leur contestation. Affublés des célèbres habits du sorcier mondialement connu, Harry Potter, ils se sont attaqués directement à l’image même de Voldemort, le surnom donné au roi Chakri par ces contestataires qui ont  également repris à leur compte un symbole extrait d’une autre série à succès, Hunger Games.

Le roi de thailande grimé en lord voldemortC’est un sorcier, élève de l’école de Poudlard, mondialement connu. Personnage de fiction sorti tout droit de l’imagination de J.K. Rowlings et porté avec succès au cinéma, Harry Potter est devenu la référence de contestation des étudiants thaïlandais. Identifiant le roi Rama X avec le mage noir et ennemi juré du jeune sorcier, les thaïlandais ont manifesté, la plupart d’entre eux grimés comme le jeune protégé d’Albus Dumbledore.  Masqué, coronavirus oblige, qu'ils soient des maison de Gryffondor ou de Serdaigle, avec l’aide de fausses baguettes, le 3 août dernier, ils étaient un peu plus de 200 a réclamé au roi «qu’il leur rende leur futur». C’est la première fois que le symbole du roi est attaqué aussi frontalement par les étudiants. L'avocat Anon Nampa, 34 ans, accuse le palais d'acquérir des pouvoirs qui sapent la démocratie et critique les nombreuses arrestations d’opposants au gouvernement du Premier ministre Prayuth Chan-ocha, ancien putschiste. «Parler de ce qui se passe dans le pays n'est pas un acte pour renverser la monarchie. Bien au contraire, nous tentons de faire comprendre à la monarchie que son devoir est de protéger la société thaïlandaise de la bonne manière et légitimement à travers un cadre démocratique et constitutionnel» affirme Anon Nampa qui souhaite que la loi de crime lèse-majesté. soit aboli.

Les etudiants utilisent leurs portables afin de protester contre la monarchieEn Thaïlande, oser parler ou critiquer le comportement du roi Maha Vajiralongkorn est passible de plusieurs années de prison. Le parallèle avec celui « dont on ne doit pas prononcer le nom » dans la saga Harry Potter est évident pour les étudiants qui n’ont pas hésité à pasticher le souverain en «Lord Voldemort» ou agiter des épouvantails à son effigie.  «Jetons le charme du Spero Patronus pour protéger la démocratie» ont scandé les manifestants, 3 doigts serrés de la main en l’air.  Une référence qui n’est pas anodine puisqu’elle correspond au signe de rébellion de l’héroïne Katniss Everdeen contre les oligarques du Capitole, ce pouvoir autoritaire, dans la tétralogie cinématographique «Hunger Games». Une autre signification a même été avancée par la chaîne de télévision franco-allemande «Arte» qui y a cru voir le « Liberté, Egalité, Fraternité » bien connu de tous. Poussant le mimétisme de la série Harry Potter jusqu’au bout, les manifestants ont même levé leurs portables en l’air afin de créer un effet de lumière comparable à celles émises par les élèves de Poudlard peu de temps après la mort de Dumbledore. Une scène que l’on peut apercevoir dans l’épisode intitulé «Harry Potter et le prince de sang-mêlé».

Un etudiant leve sa baguette et jette un spero patronus contre le roiLe palais royal a peu goûté à cette plaisanterie très politique et des voix parmi les ultra-royalistes n’ont pas hésité à demander au gouvernement de voter l’interdiction de ces livres subversifs. Des groupes royalistes extrémistes qui ont également organisé un contre-rassemblement la semaine dernière et qui ont averti les étudiants de ne pas toucher à la monarchie. Leur chef a refusé d'exclure la violence si la monarchie continuait d'être encore «diffamée» par l’opposition. Bien qu’encadrée par des policiers, le gouvernement royal a annoncé qu’une enquête était en cours pour désigner les responsables de cette mascarade 2.0. L'Histoire ne dit toutefois pas si l'opposition a pu réaliser un «incarcerem» en bonne et du forme contre le roi  qui demeure toujours aussi impassible face aux événements qui se déroulent dans son pays.

Coyright@Frederic de Natal

Date de dernière mise à jour : 10/08/2020

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