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L'héritier au trône de Libye lance un nouvel appel pour la paix

À l’occasion du 83e anniversaire de la fondation de l’Armée nationale libyenne, le prince Mohammed El Senoussi, prétendant au trône, a de nouveau pris la parole et réclamé le retour de la constitution de 1951 afin de mettre fin à la guerre civile qui déchire la Libye. Un conflit qui vient récemment de déborder sur les frontières tchadiennes alors que les combats se poursuivent à Tripoli.

C’est un conflit qui ne fait plus l’actualité et qui semble avoir été oublié par toutes les chaÏnes d’informations. Pourtant à trois heures de vol de Paris, de l’autre côté de la Méditerranée, la Libye est plongée dans le chaos, ravagée par une guerre civile qui perdure depuis 2011, date à laquelle le régime du colonel Mu’Ummar Kadhafi est tombé. Terrain de jeu de multiples seigneurs de la guerre qui tentent de s’imposer sur leurs concurrents, d’une résurgence islamiste qui a renoué avec ses vieux démons et d’un jeu d’influence international pour le contrôle de cette ancienne possession ottomane, plusieurs voix tentent malgré tout de convaincre les différentes mouvances libyennes de se réunir autour d’une table et d’accepter le retour de la Constitution fédérale de 1951. Mise en place par le roi Idriss Ier au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, basée sur la charia, elle avait consacré la naissance du Royaume-Uni de Libye et assuré une équité politique, sociale et administrative aux trois provinces qui composaient cette monarchie créée avec l’assentiment des Britanniques et des Américains. Très moderne, elle avait été longtemps une source de paix civile et une inspiration pour d’autres monarchies arabes émergentes de l’époque. 

Un prétendant très isolé sur la scène locale

Prétendant au trône de Libye, le prince Mohammed El Senoussi, 60 ans, porte les espoirs des partisans du retour de la monarchie réunis sous la bannière du Mouvement pour le retour de la légitimité constitutionnelle en Libye. Témoin des soubresauts de son pays, le petit-neveu du roi Idriss Ier reste pourtant assez isolé sur la scène politique locale depuis que la Cyrénaïque n’est plus contrôlée par sa famille et les islamo-monarchistes, malgré le soutien reçu par divers membres du gouvernement libyen. Il multiplie les déclarations sur les réseaux sociaux, suivi par une dizaine de milliers de personnes. Bien que ses nombreux appels semblent se perdre dans les méandres du désert Libyque, peu soutenu par les autres formations politiques locales (le maréchal Haftar, actuel homme fort du pays, a fermé le ban à toute idée de restauration monarchique), un temps courtisé par l’Union européenne qui a songé à lui comme potentiel dirigeant d’une Libye libérée, le prétendant au trône maintient une certaine constance qui force l’admiration. Pour le 83e anniversaire de la fondation de l’Armée nationalelLibyenne (ANL), le 9 août 2023, il a souhaité prendre la parole. 

 

 

Une jeunesse sacrifiée au nom d'intérêts personnels pour Mohammed El Senoussi

« À l’occasion de l'anniversaire de la fondation de l'Armée nationale libyenne, nous avons entendu la déclaration de certains dirigeants de l'ancienne ville de Zliten, qui exigeaient le retour du pays à la vie constitutionnelle telle qu'elle était avant le 1er septembre. 1969, et qui estimaient que c’était le seul moyen de réaliser l’unité souhaitée de l’Etat » a déclaré Mohammed El Senoussi. Pointant du doigt « le nouveau cycle de violence et d'affrontements sanglants résultant de la lutte effrénée pour le pouvoir et l'argent », le prince regrette que toutes les conférences n’aient abouti à aucun accord de paix, victimes des ambitions personnelles d’un tel ou d’un tel au détriment de « l'intérêt de leur pays et de l'avenir de leurs générations futures ». « Le sacrifice futile de la vie de jeunes innocents alimente à nouveau les flammes de l’avidité, de l’égoïsme et de la corruption » regrette l’héritier au trône. » (…) Ce conflit épuise les capacités et l’avenir de notre nation en jetant sa jeunesse dans l’holocauste du chaos et de la destruction. Nous ne pouvons pas blâmer nos jeunes pour leur implication dans ces luttes, car ces corrompus ne leur ont pas laissé la possibilité d’envisager un avenir meilleur » s’agace Mohammed El Senoussi tout aussi démuni face à cette situation.

Pour autant, le prince royal n’abandonne pas. « Notre travail continue pour sortir notre Patrie des griffes du chaos et de la corruption, et nous ne pourrons briser les ongles des démons dans notre pays qu'en nous armant de la conviction que celui-ci mérite le meilleur et que notre jeunesse mérite un une vie décente sous le couvert de la loi, de la constitution et de la stabilité », celle d’une nouvelle monarchie que Mohammed El Senoussi entend incarner si le destin le lui accorde. 

Copyright@Frederic de Natal

Date de dernière mise à jour : 28/08/2023

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