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Modjadji VII, la reine de la pluie mise au sec par un rival au trône

Masalanabo modjadji et le prince regent mpapatla modjadjDepuis le décès mystérieux de la reine Makobo Caroline Modjadji VI en 2005, plus rien ne va dans le royaume Balobedu, ce Shangri-La sud-africain qui s’est doté d’un conseil de régence, le temps que la princesse héritière du même nom atteigne sa majorité. Dernièrement, celui-ci a décidé d’avancer le nom d’un rival, son frère, accusant la princesse Masalanabo de 15 ans d’être manipulée par sa tutrice et d’avoir lamentablement échoué aux tests divins et sacrés. L’affaire est désormais devant les tribunaux. En cas de victoire du Conseil royal, ce serait une véritable révolution au sein cette monarchie matriarcale dont la légende affirme que seule une souveraine a le pouvoir de faire tomber la pluie sur cette terre très aride de l’Afrique australe. 

Modjadji viLes reines Modjadji auraient le pouvoir de faire tomber la pluie et de contrôler le temps à l'instar de l’héroïne X-Men de Marvel, Tornade. On dit qu’elles seraient venues de l’ancienne Ethiopie antique et auraient même été les fondatrices de la puissante cité du Zimbabwe. C’est un halo de mystères qui entoure ces souveraines dont l’existence dans le Limpopo sud-africain a été révélée au cours du XIXème siècle par des européens fascinés.  Elles sont craintes, révérées, respectées  et adorées comme des êtres divins. Loin de toute légende surannée, la princesse Masalanabo est aujourd’hui une étudiante de 15 ans qui attend sa majorité pour être couronnée sous le nom de Modjadji VII. Fille de la reine Makobo Caroline Modjadji, les circonstances de la mort de sa mère n’ont jamais été élucidées. Diverses thèses ont été avancées mais il est probable qu’elle ait été empoisonnée par des membres du conseil royal qui lui reprochaient d’avoir frayé avec un homme du commun et de lui avoir autorisé à séjourner au palais en dehors de tout protocole. Pis, lors ses funérailles, un incendie s’est déclenché dans la chambre où elle reposait, sans que l‘on sache pourquoi, manquant de bruler entièrement son cercueil. L’histoire dit que le ciel s’est soudainement assombri et qu’un éclair a zébré le ciel, signe évident pour les plus croyants que la reine des pluies levait un doigt accusateur contre ses assassins maudits. 

Le symbole des reines de la pluie.C’est désormais une bataille qui s’est engagée devant les tribunaux pour s’emparer de la couronne des Balobedu. Le Conseil royal a récemment décidé de nommer son frère aîné, le prince Lekukela, comme nouvel héritier du trône. Un bouleversement inédit dans cette monarchie matriarcale et qui trouve sa source dans les mauvais rapports entretenus entre le Conseil royal  et Mathole Motshekga. Une députée, membre du parti de l’ANC, qui a la charge de s’occuper de la princesse Masalanabo et qui est devenue sa tutrice légale. Dans une lettre adressée au président Cyril Ramaphosa et au Parlement, le Conseil royal a également accusé Motshekga d’utiliser les noms de la princesse et de la famille royale afin de lever des fonds et d'installer des bureaux tribaux parallèles à leur insu. La députée a naturellement rejeté les accusations, affirmant qu'elles étaient sans fondement et inventées par une « faction » du conseil royal qui cherchait à s'accrocher au pouvoir. La décision du conseil royal a d’aileurs suscité des réactions mitigées et profondément divisé la nation Balobedu qui ne sait à quel dieu ou déesse du Temps se vouer.  Certains approuvent ce changement inédit de succession qui apporte une touche de modernité et d'égalité des sexes quand d'autres s'en horrifient totalement.

Modjaji VIIL‘avocat de la future reine a déposé plainte. « L'annonce d'installer Lekukela comme prochain roi va à l'encontre de tous les faits historiques, culturels et traditionnels, ce qui constitue une nette déviation de notre culture, de notre tradition et de nos coutumes. Elle est donc nulle et non avenue depuis le début et n'a aucune force ni aucun effet en droit. Leur décision est contraire au principe de légalité. Elle n'est pas conforme aux prescriptions de la loi comme elle enfreint en outre la loi sur le cadre de gouvernance et de leadership traditionnel » a déclaré Matthew Phosa à la presse. Il a en outre rappelé que le président sud-africain lui-même avait reconnu les droits au trône de la princesse Masalanabo. 

Le prince régent Mpapatla Bakhoma Modjadji, a reconnu que le Conseil royal était au courant de la contestation judiciaire déposée par l’avocat de la future souveraine et que le dossier était désormais entre les mains de leur propre cabinet juridique. « Malheureusement, Masalanabo a raté les épreuves divines et  sacrées liées à notre culture et tradition qui aurait permis sa reconnaissance comme héritière potentielle. Notre royaume a toujours été attaqué par nos adversaires, et en capturant la princesse, ils pensaient qu'ils détiendraient un plateau d'argent entre leurs mains » a expliqué le prince régent. « Oui, la venue de la pluie est un processus dirigé par la Kgosi (reine), mais elle implique également la communauté au sens large du terme. Il serait erroné d'attribuer ce processus sacré à un seul individu alors qu'il s'agit en fait d'un effort de collaboration » a ajouté Mpapatla Bakhoma Modjadji qui rappelle que le trône Balobedu n’est pas l'apanage du sexe féminin. 

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Date de dernière mise à jour : 22/05/2021

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