Louis de Bourbon au Mont des Alouettes pour le Jubilé de la Vendée

Prétendant au trône de France, le prince Louis-Alphonse de Bourbon est attendu en Vendée à l’occasion du bicentenaire du Mont des Alouettes. Un haut-lieu des Guerres de Vendée qui est devenu une attraction touristique pour les passionnés d’Histoire et un lieu de pèlerinage pour les royalistes. Le duc d’Anjou a récemment rendu hommage au général de Charrette, héros du film à succès « Vaincre ou Mourir » produit par le Puy du Fou. 

Le Mont des Alouettes est indissociable des Guerres de Vendée (1793-1796). Lorsque la Convention décrète la levée en masse, déjà échaudés par l’adoption de la constitution civile du clergé, les paysans se soulèvent contre la République. Très rapidement, conduite par des chefs prestigieux, souvent issus de l’aristocratie, une Armée royale et catholique va se constituer en un mouvement contre-révolutionnaire. De succès en défaites, elle va compter parmi ses rangs de prestigieux chefs qui continuent de marquer encore aujpurd'hui le panthéon des héros du royalisme. Des combats qui feront plusieurs dizaines de milliers de morts, à l'origine de la notion contestée de « génocide vendéen ». Disséminés un peu partout dans le bocage, ses moulins à vent vont jouer un rôle décisif, permettant de renseigner les insurgés vendéens sur les positions des armées républicaines. Un système bien rodé grâce à la position des ailes, sorte de télégraphe avant l’heure, indiquant aux royalistes quel type de danger ou non dont ils pouvaient faire face. C’est d’ailleurs au Mont des Alouettes que les royalistes se rassembleront peu de temps avant la victoire de Fontenay le Comte, en mars 1793.

Le Mont des Alouettes, un symbole royaliste en Vendée

En septembre 1823, la duchesse Marie-Thérèse d’Angoulême, fille de l’infortuné Louis XVI, souhaite rendre hommage à ces combattants qui se sont battus au nom de son père et son frère, Louis XVII, mort à la prison du Temple en 1795. Face à des milliers d’anciens combattants, elle va exprimer son désir de voir ériger une chapelle en souvenir à leur héroïsme, afin de « perpétuer le souvenir d’une époque à jamais mémorable ». Il faudra attendre deux ans avant que les premiers travaux ne commencent. Ils vont prendre des années, connaître un arrêt brutal sous la Monarchie de juillet qui ne tient pas à ce que cette future chapelle de style néo-gothique ne devienne un lieu de pèlerinage pour les Légitimistes (les partisans du roi Charles X, frère de Louis XVI renversé par une révolution en 1830). Ce n’est qu’un siècle plus tard lorsque le Comte de Bermond (1855-1928), maire des Herbiers, s’en rend acquéreur que le projet est relancé pour être définitivement achevé en 1968. L’Action française de Charles Maurras organisera dans ce lieu prestigieux une grande manifestation, 60 000 personnes, afin de démontrer sa force politique (1926). Tout était dans le symbole.

Marie Thérèse d'Angoulême et le Mont des Alouettes

Un lieu de pèlerinage pour les Légitimistes, une attraction pour les touristes

Lorsque la Légitimité ressort de sa torpeur dans laquelle elle s’était endormie au début du XXe siècle, les princes Bourbons qui ont recueilli les prétentions au trône de France vont y faire de fréquentes visites. En novembre 1972, le prince Henri-Jacques (Don Jaime) de Bourbon, duc de Ségovie ,s’y rend et délivre un manifeste « pour que la France revienne aux Saints principes ». Son fils, le charismatique prince Alphonse de Bourbon, s’y rendra à son tour alors que les festivités du Millénaire Capétien (1987) battent son plein. « Dans ce haut lieu de la résistance catholique et royale, je salue, avec infiniment d’émotion la mémoire de tous ceux qui ont souffert de leur fidélité à leurs nobles idéaux. Je suis heureux de venir ici à la suite de mon père pour manifester ainsi à tous l’intérêt que les aînés de la Maison de Bourbon portent à l’histoire de la Vendée et aux combattants de l’Ouest. Je souhaite que les Français n’oublient jamais la tragédie qu’a connue ce pays, et fasse la divine Providence qu’une telle tragédie ne se renouvelle jamais pour cette génération comme pour les futures (…) » déclare le prétendant à cette occasion. En 1993, la France monarchiste célèbre le bicentenaire de la mort de Louis XVI. Une dizaine de milliers de royalistes (membres des Cercles légitimistes comme l’Association Royaliste et Légitimiste de Vendée) convergeront vers le Mont des Alouettes afin d’assister à « une messe en réparation du génocide vendéen » aux côtés du prince Rémy de Bourbon-Parme et de la duchesse de Ségovie, Emmanuelle de Dampierre.  C’est donc très naturellement que le prince Louis-Alphonse de Bourbon, Louis XX pour ses partisans, est attendu le 2 septembre 2023 pour assister au Jubilé de la Vendée. Cérémonies d'hommage, grand-messe chantée et allocutions, animations festives et familiales, rencontres avec des associations historiques et culturelles (comme celle du Cœur de Chouans) et cocktail de gala, puis concert spirituel en hommage à Notre-Dame reine de France vont ponctuer cette journée haute en couleur. « Je suis particulièrement heureux de venir rendre visite à la Vendée et aux Vendéens le 2 septembre prochain, au Mont des Alouettes, ce haut lieu des guerres de Vendée, mémoire de ce combat inégal mené pour Dieu, pour le Roi et pour les libertés fondamentales » a déclaré le duc d’Anjou dans des propos rapportés par le Webzine Vexilla Galliae.  

Le général de Charette (gauche) et Louis de Bourbon avec sa famille (droite) /facebook/wikicommons

Louis-Alphonse de Bourbon, invité du Jubilé de Vendée

Évoquant un « passé héroïque », très emporté lyriquement,  le prince Louis-Alphonse a ajouté qu’en « ces temps troublés, (sa) présence sur cette terre de Vendée autrefois si éprouvée, se veut aussi un message de Foi et d’Espérance, pour tous les Français fidèles à leur Patrie, à leurs racines et à leurs valeurs héritées des civilisations grecque, romaine et chrétienne ! ».  Il se veut avant tout fidèle « à la mémoire des Vendéens de toutes conditions, qui ont tout sacrifié pour leur Foi catholique, leur attachement à la royauté très chrétienne et à ma famille », « au souvenir, et à l’exemple, de ma grand-tante Marie-Thérèse de France, duchesse d’Angoulême (…) » et « au souvenir de la duchesse de Berry, mère d’Henri V, comte de Chambord, qui en 1832, vint en cet endroit dans l’espoir de soulever une nouvelle fois la Vendée contre le pouvoir illégitime installé à Paris ». Le prince Louis-Alphonse de Bourbon a récemment rendu hommage au général François Athanase Charette de La Contrie dans une lettre publiée par le magazine Causeur et dont la vie a été mise en scène dans le film à succès  « Vaincre ou Mourir » produit par le Puy du Fou.  « Symbole d’une France fière de son histoire qui de siècle en siècle a été écrite par des héros qui sont autant de modèles.  Héros que l’on admire car ils ont su tout donner, animés par l’honneur, la fidélité, le respect de la parole donnée, le courage physique et mental. Charrette comme les autres combattants de la cause vendéenne était de ceux-là. À peine mort, il est entré dans la légende et deux cent trente ans après les évènements il est toujours un exemple. Il est de la race des héros dont on aime faire des films que l’on revoie (…) » n’a pas hésité à écrire le duc d’Anjou à propos de ce chef de l’Armée royale et Catholique dont le destin s’est arrêté tragiquement en mars 1796.

C’est donc sous le double sceau de l’unité et du souvenir que doit se dérouler le Jubilé de la Vendée et qui devrait attirer autant une foule de passionnés, de curieux que les médias. Un succès local assuré pour les partisans de la Légitimité, avec un prince qui devrait s’adresser aux Français, durant sa visite.

DR@Frederic de Natal

Date de dernière mise à jour : 28/07/2023

Ajouter un commentaire