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Emmanuel-Philibert de Savoie affiche sa proximité avec Giorgia Meloni

Alors que le gouvernement de la Présidente du Conseil Giorgia Meloni devient le plus long de l’histoire de la République italienne, Emmanuel-Philibert de Savoie a adressé ses félicitations à la présidente du Conseil. Au-delà du symbole politique, le prince voit dans cette longévité une preuve de stabilité institutionnelle dont l’Italie avait, selon lui, besoin.

Il y a quelque chose de presque paradoxal dans le dialogue qui s'est noué entre Emmanuel-Philibert de Savoie (54 ans) et Giorgia Meloni (49 ans)

D'un côté, un prince héritier d'une dynastie qui a régné sur l'Italie jusqu'en 1946, date à laquelle un référendum truqué a chassé sa famille. De l'autre, une présidente du Conseil issue de la droite conservatrice italienne, à la tête d'une République qui célèbre cette année ses quatre-vingt ans.

Et pourtant, les deux univers ne semblent plus aussi éloignés qu'ils auraient pu l'être.

Depuis son arrivée au pouvoir en octobre 2022, Georgia Meloni a entrepris de faire évoluer l'image de la droite italienne, tout en revendiquant une vision conservatrice de l'identité nationale. Son gouvernement vient par ailleurs de franchir un seuil historique : avec plus de 1 400 jours au pouvoir, il est devenu le gouvernement le plus durable de l'histoire de la République italienne.

Pour le prince Emmanuel-Philibert, cette nouvelle Italie politique représente manifestement une opportunité de renouer avec une partie de l'histoire nationale longtemps considérée comme embarrassante.

Un hommage à la stabilité gouvernementale

À l’occasion de ce record inédit dans une République habituée à changer régulièrement de dirigeants, le prince Emmanuel-Philibert de Savoie a tenu à adresser ses « plus sincères félicitations » à Giorgia Meloni et à son gouvernement.

Pour le prétendant au trône, cette longévité constitue avant tout le signe d’une « stabilité institutionnelle que l’Italie attendait depuis longtemps », susceptible de renforcer la crédibilité du pays, tant sur la scène nationale qu’internationale.

Dans son message, le prince insiste sur la nécessité d’une continuité gouvernementale permettant de construire des politiques publiques dans la durée, de préparer l’avenir avec sérieux et de respecter les engagements pris envers les citoyens. Un propos qui dépasse la seule personne de Giorgia Meloni : Emmanuel-Philibert présente la stabilité politique comme une condition essentielle à l’action de l’État et à la confiance accordée aux institutions.

Le prince adresse également ses vœux de réussite au gouvernement italien, souhaitant que ce record ne soit pas seulement une performance politique, mais qu’il devienne « un stimulant pour continuer avec équilibre et dévouement au service de la Nation ».  En faisant ce voeu pieu que cette stabilité puisse servir aux  générations futures, l'héritier des ducs de Savoie se place ainsi sur le terrain de l’intérêt national, sans remettre en cause le cadre institutionnel républicain.

Pour autant, le princfe n'affiche aucun soutien public à la politique actuelle du gouvernement, restant habituellement loin des affaires politiques du pays à de rares exceptions. 

 

 

Le retour des dépouilles des derniers souverains d’Italie, l’ultime symbole de réconciliation ?

Ce n’est la première fois que le petit-fils du roi Umberto II envoie ses félicitations à Georgia Meloni.

Au lendemain de la victoire électorale de la Présidente du Conseil, Emmanuel-Philibert de Savoie n’avait pas caché  sa satisfaction. Interrogé par le Corriere della Sera, il avait alors qualifié l'arrivée du nouveau gouvernement de « tournant pour l'Italie », exprimant l'espoir d'une évolution politique et économique du pays. Il est vrai que la fondatrice de Fratelli d'Italia s’est également d’une personnalité issue de la mouvance monarchique italienne, avec Antonio Tajani, membre de l'Union monarchique italienne (IUMI) et ancien secrétaire de son Front de jeunesse, nommé ministre des Affaires étrangères.

Le prince avait également salué la proposition d'Ignazio La Russa, nouveau président du Sénat, de donner davantage de place dans la mémoire nationale à la naissance du royaume d'Italie et au rôle joué par les Savoie dans l'unification du pays lors du Risorgimento (1859-1862).

En effet, depuis plusieurs années, le prince Emmanuel-Philibert de Savoie réclame le retour en Italie des dépouilles de ses grands-parents, actuellement inhumés à l'abbaye d'Hautecombe, en Savoie. En mars 2025, il avait déclaré avoir obtenu, selon ses propres termes, l'accord de la présidence du Conseil, de plusieurs ministres et du Vatican pour permettre ce retour. Tout en précisant toutefois qu'une dernière décision devait intervenir au niveau du Quirinal.

En avril 2026, le prince a réitéré cette affirmation : « J'ai parlé avec le gouvernement Meloni et aussi avec le Vatican, ils sont tous d'accord », expliquait-il au Corriere della Sera. Selon lui, la décision finale appartenait désormais au président de la République Sergio Mattarella.

Pour le chef de la Maison royale d'Italie, le lieu de destination ne fait en revanche aucun doute : le Panthéon de Rome. Le monument accueille déjà les dépouilles de plusieurs souverains de la Maison de Savoie, notamment les rois Victor-Emmanuel II, Humbert Ier et la reine Marguerite. Le prince Emmanuel-Philibert considère donc qu'Umberto II et Maria José devraient rejoindre leurs prédécesseurs.

Le symbole serait considérable.

Le roi Umberto II n'a régné que quelques semaines, du 9 mai au 13 juin 1946, avant que le référendum institutionnel du 2 juin ne fasse basculer l'Italie vers la République. Exilé au Portugal puis en Suisse, il est mort à Genève en 1983 sans jamais pouvoir revenir en Italie. Sa femme, Maria José, née princesse de Belgique, est morte en 2001. Le retour de leurs dépouilles ne constituerait donc pas un retour de la monarchie à peine soutenue par 15 à 18% de la population, mais pourrait être présenté comme un geste de réconciliation avec une page de l'histoire italienne.

Un message qui illustre l’évolution de la relation empreinte de respect entre la Maison de Savoie et l’Italie républicaine depuis la levée de la loi d’exil en 2002.

En saluant la stabilité du gouvernement Meloni plutôt qu’en défendant explicitement une cause monarchique,l e prince Emmanuel-Philibert adopte un discours résolument institutionnel et national, se posant en héritier et prétendant naturel.. Une posture qui témoigne d’une volonté de maintenir la mémoire dynastique tout en dialoguant avec les institutions de la République.

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Date de dernière mise à jour : 08/09/2026