Alors que l’Iran traverse une nouvelle phase de tensions depuis la disparition de l’ayatollah Ali Khamenei, le prince Reza Pahlavi, affirme dialoguer avec l’administration de Donald Trump. Une prise de position qui contredit les déclarations du dirigeant américain.
Depuis le début de l’opération « Lion rugissant » le 28 février 2026, lancée conjointement par les Etats-Unis et Israël, la question de la succession au régime théocratique des mollahs est sur toutes les lèvres. Bien que l'opposition iranienne disparate et éclectique idéologiquement, un nom s’est rapidement imposé sur la scène politique et médiatique : le prince Reza Pahlavi, 65 ans, fils du dernier Shah d’Iran.
Lors d’une interview, il affirme avoir pris langue avec l’entourage du président Donald Trump, dans une séquence qui pourrait redessiner les équilibres régionaux.
Washington à l’écoute d’une alternative
Le 13 mars 2026, invité de l’émission Katie Pavlich Tonight sur NewsNation, le prince Reza Pahlavi a déclaré être « en contact avec l’administration Trump par l’intermédiaire de l’envoyé spécial Steve Witkoff ». Des échanges qui, selon lui, s’inscrivent dans le contexte du conflit latent entre Iran et États-Unis, ravivé par le récent assassinat du guide suprême Ali Khamenei survenu dans les premières heures de l’opération militaire israélo-américaine.
Au cœur de ces discussions : la question de l’avenir politique iranien. Le prétendant au trône du paon affirme également avoir échangé avec des membres du Congrès, tant au Sénat qu’à la Chambre des représentants, afin de « les tenir informés » de ses initiatives et du programme.
Selon ses propos, Donald Trump aurait adopté une ligne prudente mais ouverte : « Il soutiendra la décision du peuple iranien, quelle qu’elle soit », assure Reza Pahlavi. Plusieurs sources proches des milieux conservateurs américains, notamment relayées par The Hill, évoquent en effet une certaine bienveillance du président américain à l’égard du prince, sans pour autant officialiser un quelconque soutien direct à une restauration monarchique.
Une position qui apparait pourtant en contradiction avec les dernières déclarations de l’occupant de la Maison blanche à l'esprit changeant. Qualifié de « très belle personne » qui « jouit d'une certaine popularité », qui « semble très sympathique, mais je ne sais pas comment [Reza Pahlavi-ndlr] se comporterait dans son propre pays » , a récemment déclaré Donald Trump. Avant d’ajouter : « Je ne sais pas si son pays accepterait ou non son leadership. Si c'était le cas, je m'en réjouirais. ». Et d'expliquer qu'il aurait une préférence pour une personne plus modérée issue du régime. Sans citer de nom.
Le prince doit intervenir prochainement lors de la Conférence d’action politique conservatrice (CPAC) au Texas, rendez-vous incontournable de la droite américaine. Il y côtoiera plusieurs figures de premier plan, dont le sénateur Ted Cruz ou encore l’ancien ambassadeur Mark Wallace très engagé dans la dénucléarisation de l'Iran. Une présence qui confirme son ancrage dans les réseaux conservateurs américains et sa volonté de se positionner comme interlocuteur crédible aux yeux de Washington.
Un projet de transition technocratique
Sur le terrain iranien, la transition semble déjà engagée, mais non sans controverses. Le pouvoir a désigné Mojtaba Khamenei, fils du guide défunt, comme nouveau chef de l’État. Une décision vivement critiquée par Reza Pahlavi, qui y voit « le dernier acte désespéré pour s’accrocher au pouvoir ». « Ce régime est extrêmement faible, au bord de l’effondrement », affirme-t-il, estimant que la République islamique vit ses dernières heures. Une analyse partagée par certains observateurs, mais encore loin de faire consensus.
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Face à ce qu’il considère comme une opportunité historique, le prince a déjà esquissé les contours d’un éventuel scénario post-régime. Il évoque la mise en place d’une équipe de transition composée de « technocrates et d’experts hautement qualifiés ». L’objectif : assurer une transition « stable » et éviter toute implication prolongée des États-Unis dans la région — un point crucial pour Washington, encore marqué par les interventions passées au Moyen-Orient. Une fois des institutions démocratiques établies, notamment un Parlement élu, ce gouvernement provisoire serait appelé à disparaître et être remplacé par un nouveau système politique approuvé par les Iraniens eux-mêmes via un référendum.
Si l’hypothèse d’un retour de la monarchie en Iran demeure incertaine, tout comme le déroulé de ce conflit aux répercussions internationales, elle bénéficie d’une visibilité nouvelle à mesure que le régime actuel vacille. Reste à savoir si cette dynamique, nourrie depuis l’étranger, trouvera un écho suffisant au sein de la société iranienne.
Dans cette partie d’échecs géopolitique, une chose est sûre : le nom de Pahlavi, longtemps relégué à l’histoire, revient aujourd’hui au cœur du jeu.
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