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Reza Pahlavi proclame la « fin de facto » de la République islamique

La mort annoncée de Ali Khamenei, Guide suprême, pourrait bouleverser l’Iran. Dans un communiqué offensif, le prince Reza Pahlavi affirme que la République islamique a « de facto » pris fin et appelle à une mobilisation nationale afin de mettre fin au régime des mollahs.

Dans un communiqué d’une rare virulence, le prince héritier Reza Pahlavi a affirmé que la disparition du Guide suprême Ali Khamenei marquait l’effondrement imminent du régime islamique. Il a lancé un appel solennel aux forces armées et au peuple iranien à s’unir pour renverser le régime des mollahs.  

La déclaration est sans ambiguïté. « Ali Khamenei, le despote sanguinaire de notre époque (…) a été effacé de l’histoire », écrit Reza Pahlavi dans un message adressé « au peuple honorable et courageux d’Iran », le 28 février 2026.  Selon lui, « avec sa mort, la République islamique a de facto atteint sa fin et sera très bientôt reléguée aux oubliettes de l’histoire ».

Au-delà de la charge symbolique, c’est une véritable proclamation politique. Le fils du dernier shah appelle les militaires, les forces de l’ordre et les services de sécurité à cesser de soutenir « un régime en déclin » et à se joindre à une « transition stable » vers « un avenir libre et prospère ». Il évoque même une « présence massive et décisive dans les rues » dans un avenir proche.

 

 

Ali Khamenei, pilier idéologique et politique du régime

Âgé de 85 ans, Ali Khamenei occupait depuis 1989 la fonction de Guide suprême de la République islamique d’Iran, succédant à l’ayatollah Rouhollah Khomeini. Plus haute autorité politique et religieuse du pays, il détenait le contrôle des forces armées, du pouvoir judiciaire, de la radiotélévision d’État et exerçait une influence déterminante sur la politique étrangère et nucléaire de Téhéran.

Sous son autorité, l’Iran a traversé plusieurs vagues de contestation majeures : le mouvement étudiant de 1999, la « révolution verte » de 2009, les manifestations économiques de 2017-2018 et surtout le soulèvement déclenché en 2022 après la mort de Mahsa Amini. Chaque fois, la réponse du pouvoir a été implacable : arrestations massives, exécutions, répression violente et les Pahlavi constamment désigné comme les organisateurs des révoltes.

Pour l’opposition en exil, toute, tendances confondues, Ali Khamenei incarnait l’architecture même du système théocratique : une concentration de pouvoirs sans contrepoids réel, adossée aux Gardiens de la révolution et à un appareil sécuritaire redoutable.

Face à lui, Reza Pahlavi représente une autre histoire de l’Iran. Fils du dernier souverain d'Iran, Reza Pahlavi, 65 ans, vit en exil aux États-Unis depuis l’effondrement de la monarchie en 1979. Officiellement prince héritier d’Iran pour ses partisans, il s’est progressivement imposé comme l’une des figures les plus audibles de l’opposition iranienne à l’étranger. Depuis plusieurs années, il tente de fédérer les différentes composantes de la diaspora – monarchistes, républicains, libéraux – autour d’un projet de transition démocratique. S’il revendique son héritage dynastique, il affirme désormais ne pas conditionner l’avenir du pays à une restauration monarchique, mais à un référendum libre sur la forme du régime.

Dans son communiqué, il a rendu hommage aux victimes de ce qu’il nomme la « Révolution nationale du Lion et du Soleil », référence au symbole historique de l’Iran pré-révolutionnaire. Une rhétorique destinée à réactiver une mémoire nationale antérieure à 1979 et à opposer la légitimité historique de la nation iranienne à celle du régime islamique.

 

 

Une succession incertaine et un système sous tension

La mort d’Ali Khamenei, confirmée tant par des sources internationales que locales, ouvre une période d’incertitude majeure. Selon la Constitution iranienne, c’est l’Assemblée des experts – un organe religieux élu – qui désigne le nouveau Guide suprême.

Mais Reza Pahlavi conteste d’emblée toute tentative de succession interne : « Quiconque sera désigné à sa place n’aura ni légitimité ni longévité », affirme-t-il, qualifiant par avance tout successeur de « complice des crimes de ce régime ». Son message vise clairement les forces de sécurité. « C’est votre dernière chance de vous engager pour la nation », écrit-il, dans une tentative manifeste de fissurer le bloc sécuritaire sur lequel repose la République islamique depuis plus de quatre décennies.

L’appel à une mobilisation de rue massive intervient dans un pays affaibli par les sanctions internationales, l’inflation galopante et un isolement diplomatique croissant. Les mouvements de contestation récents ont montré l’ampleur du mécontentement populaire, mais aussi la capacité du régime à reprendre le contrôle par la force. A l’annonce du décès du Guide suprême, plusieurs cris de joie et sifflets ont été entendus dans les principales villes de l’Iran.

D’autres personnes ont été également tuées aux côtés d’Ali Khamenei dans les frappes israélo-américaines, comme le Général Mohammad Pakpour. Commandant en chef des Gardiens de la Révolution islamique (IRGC). Il avait été nommé à ce poste en 2025 après la mort de Hossein Salami, et est accusé d’avoir dirigé la répression sanglante des manifestations en janvier 2026. Ali Shamkhani, conseiller politique principal de khamenei, responsable du programme nucléaire iranien et l’un des plus proches collaborateurs du régime, décrit comme l’un des « chiens les plus brutaux » du régime , Amir Hatami, ministre de la Défense iranien, Muhammad Kazami, chef du renseignement des Gardiens de la Révolution islamique (IRGC)? Hassan Mohaqiq, adjoint au chef du renseignement des IRGC et l'ancien président  Mahmoud Ahmadinejad (2013-2026).

Une question demeure cependant sans réponse : l’opposition est-elle en mesure de transformer un moment de vacance du pouvoir en transition organisée ? Les monarchistes disposent d’une visibilité médiatique, notamment via les réseaux sociaux et certaines chaînes satellitaires, mais ne contrôlent aucun levier institutionnel à l’intérieur du pays. Certains tentent déjà de se placer en cas de victoire des Américains sur le régime islamique comme l'Organisation des moudjahiddines du peuple iranien (OMPI) qui a d’ores et déjà annoncé qu’elle constituait un gouvernement provisoire afin de tenter de couper l’herbe sous les pieds du prince héritier dont le retour en Iran est attendu.

En proclamant que « la République islamique a de facto atteint sa fin », Reza Pahlavi prend date. Il cherche à imposer un récit : celui d’un régime arrivé au terme de son cycle historique. Reste à savoir si l’histoire iranienne, souvent imprévisible, confirmera ce verdict politique.

Pour l’heure, une chose est certaine : si le pilier du système venait à disparaître, l’Iran entrerait dans l’une des périodes les plus décisives de son histoire contemporaine dans un contexte géopolitique bouleversé par les frappes israélo-américaines et de représailles attendues par l'Iran sur l'ensemble des pays du Golfe persique. Entre transition ordonnée, recomposition autoritaire ou basculement révolutionnaire, l’avenir demeure suspendu aux rapports de force internes — et à la capacité des Iraniens à transformer l’émotion en projet politique.

Copyright@Frederic de Natal

Date de dernière mise à jour : 01/03/2026