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Le prince Reza Pahlavi :  « Les Iraniens se sentent trahis »

Reza Pahlavi, prince héritier d'Iran et leader de l'opposition, a pris la parole et condamné l'accord de paix conclu entre les États-Unis et le régime des mollahs, pointant du doigt la duperie de Washington et la faiblesse des pays occidentaux.

Alors que les chancelleries occidentales tentent de relancer le dialogue avec Téhéran et qu'un mémorandum d'entente entre les États-Unis et l'Iran suscite de vives réactions, le prince héritier Reza Pahlavi, 65 ans, hausse une nouvelle fois le ton. Entre États-Unis et France, le fils du dernier Shah d'Irana rejette catégoriquement toute négociation avec la République islamique et continue d'affirmer que seule la disparition du régime permettra d'instaurer une paix durable au Moyen-Orient.

Dans une série de déclarations publiées ces derniers jours, le prince a multiplié les critiques contre les initiatives diplomatiques engagées avec les autorités iraniennes, estimant qu'elles ignorent les aspirations du peuple iranien et contribuent à prolonger la survie d'un pouvoir qu'il qualifie de « criminel » et de « terroriste ».

 

 

L'échec annoncé de la diplomatie avec Téhéran

Les prises de position du prince interviennent dans un contexte particulièrement tendu. Après une nouvelle confrontation militaire impliquant l'Iran, le Hezbollah et Israël, les risques d'embrasement régional ont ravivé les inquiétudes de la communauté internationale.

Pour Reza Pahlavi, cette séquence illustre une réalité qu'il dénonce depuis plusieurs années : selon lui, la République islamique demeure le principal facteur d'instabilité dans la région. « La République islamique, en soutenant les terroristes du Hezbollah au Liban, a déclenché un nouveau conflit militaire et révélé davantage encore son caractère anti-iranien », a-t-il déclaré L.'héritier de la dynastie Pahlavi estime que les négociations actuellement menées par plusieurs puissances occidentales ne s'attaquent pas aux véritables causes de la crise« La solution ne réside pas dans des négociations avec les Gardiens de la révolution et les occupants terroristes de l'Iran. La solution consiste à soutenir la nation iranienne dans son combat pour mettre un terme à la République islamique. », rappelle t-il

Depuis plusieurs années,le prince Reza Pahlavi plaide pour un changement radical de stratégie de la part des démocraties occidentales. Selon lui, les accords successifs conclus avec Téhéran n'ont jamais modifié le comportement du régime ni amélioré la situation des Iraniens. Lors d'un déplacement à Berlin au printemps dernier, il avait déjà averti qu'« aucun accord ne permettra de résoudre ce problème », estimant que les dirigeants iraniens continueront à menacer leur propre population ainsi que leurs voisins tant qu'ils conserveront le pouvoir.

Le prince accuse les autorités iraniennes d'avoir transformé le pays en instrument au service d'une politique régionale agressive« Ce régime a pris la nation iranienne en otage et considère la vie ainsi que les biens des Iraniens comme de simples instruments destinés à exporter le terrorisme, la guerre et l'instabilité », affirme-t-il.

Une rhétorique qui s'inscrit dans la continuité de son discours politique développé depuis les grandes manifestations qui ont secoué l'Iran ces dernières années.

 

 

Le mémorandum américano-iranien au cœur des critiques

La signature d'un nouveau mémorandum d'entente entre Washington et Téhéran a particulièrement irrité l'opposant iranien. Selon les termes de cet accord, l'Iran bénéficierait d'un allégement des sanctions et d'importantes compensations économiques en échange d'engagements concernant son programme nucléaire et la sécurité maritime dans le Golfe.

Pour Reza Pahlavi, cette approche constitue une erreur majeure. « Conclure un accord avec un régime qui a massacré des milliers de manifestants est moralement condamnable et stratégiquement absurde », a-t-il déclaré.

Le prince estime  même que les négociateurs occidentaux commettent une faute en privilégiant la stabilité à court terme plutôt qu'un soutien clair aux aspirations démocratiques des Iraniens. Plus encore, il considère que les ressources financières obtenues par Téhéran ne profiteront pas à la population. Selon lui, ces fonds risquent principalement d'alimenter les réseaux d'influence régionaux de la République islamique, notamment le Hezbollah (au Liban), le Hamas (en Palestine) ou encore les Houthis (au Yémen).

Dans un entretien accordé à la presse britannique, Reza Pahlavi a exprimé la profonde déception ressentie, selon lui, par une partie de la population iranienne. « Les Iraniens se sentent trahis », affirme-t-il. Pour le prince, les milliers de manifestants qui ont perdu la vie lors des mouvements de contestation récents ne se sont pas sacrifiés pour permettre la conclusion d'un accord diplomatique. « Ils ne sont pas morts pour un accord nucléaire ou pour le détroit d'Ormuz », souligne-t-il en réference à ce lieu maritime géostratégique, importante voie commerciale qui fait l'objet d'un blocu tant par les Américains que les Iraniens. depuis février 2026. Non sans conséquences économiques pour la communauté internationale

Cette critique vise également les dirigeants occidentaux qui, après avoir exprimé leur soutien aux contestataires iraniens, semblent aujourd'hui privilégier la voie du compromis avec Téhéran. Reza Pahlavi n'hésite pas à dénoncer ce qu'il considère comme une forme de renoncement politique. « C'est une situation profondément choquante de constater que le peuple iranien est absent des discussions qui déterminent pourtant son avenir », regrette-t-il. Sur les réseaux sociaux, nombreux sont ceux qui fustugent l'attitude de l'Europe, en particulier la France, et les initiatives de Donald Trump, président des États-Unis.

 

 

Le chef officieux de l'opposition iranienne ?

Près d'un demi-siècle après la révolution islamique de 1979 qui renversa son père, le Shah Mohammad Reza Pahlavi, le prince héritier apparaît désormais comme la figure la plus visible de l'opposition iranienne à l'étranger. 

À travers son « Iran Prosperity Project », il tente de fédérer les différentes sensibilités opposées à la République islamique autour d'une transition démocratique. Sans se limiter à la seule question monarchique (dont le retour sera soumis à référendum), son discours met l'accent sur les libertés publiques, l'État de droit, la prospérité économique et le respect des droits fondamentaux. Cette stratégie lui a permis d'acquérir une audience grandissante au sein de la diaspora iranienne et auprès d'une partie des manifestants à l'intérieur du pays. S'il semble faire l'unanimité autour de sa personne, d'autres leaders (comme ceux de l'Organisation des moudjahidines du peuple iranien) contestent sa légitimité, initiant de smanifestations avec le slogan : « ni mollahs, ni shah».

Au-delà de la dénonciation du pouvoir en place, Reza Pahlavi cherche à incarner une alternative politique. Son message reste inchangé : l'avenir de l'Iran ne peut être construit autour de compromis avec les dirigeants actuels mais autour du peuple iranien lui-même. « Le peuple iranien, première victime de ce régime, sait parfaitement que tant que la République islamique demeurera au pouvoir, le terrorisme, la violence et l'instabilité continueront de menacer l'Iran, la région et le monde », affirme celui qui multiplie les rencontres aec les élus occidentaux. 

Avant de conclure par une formule qui résume sa vision politique : « La paix, la sécurité et une prospérité durable ne seront possibles qu'avec la fin de ce régime. ».

Une déclaration qui illustre la ligne défendue par le prince depuis plusieurs années : convaincre les gouvernements occidentaux que la stabilité du Moyen-Orient passe non par un accord avec Téhéran, mais par une transformation profonde du système politique iranien. Reste à savoir si cette voix, portée depuis l'exil, trouvera un écho suffisant auprès des décideurs internationaux comme auprès des Iraniens eux-mêmes. Aux États-Unis, Donald Trump semble avoir choisi une autre voie sans se soucier du sort des Iraniens victime d'une répression sans précédents depuis des mois, dans le silence le plus absolu des médias et des dirigeants occidentaux

Copyright@Frederic de Natal

Date de dernière mise à jour : 22/06/2026