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La monarchie britannique sous les ors de Versailles

Le château de Versailles est un chef-d’œuvre de l’art français. C’est dans ce lieu prestigieux, chargé d’histoire que le Président Emmanuel Macron et son épouse vont recevoir à dîner le couple royal britannique. En visite d’État, le roi Charles III et la reine Camilla se placent dans les pas de la reine Elizabeth II venue à diverses reprises dans ce symbole de la monarchie absolue envié par bien des souverains européens. Je vous livre les premières coulisses de cette soirée qui va rappeler les grandes heures du règne de Louis XIV et sur laquelle plane l'ombre de Valmy. 

C’est un petit relais de chasse en brique et en pierre où aimait se retirer le roi Louis XIII et qu’il va doucement agrandir. Lorsqu’il décède en 1643, le « château chétif », comme on le surnomme alors, va s’endormir. La France est en pleine ébullition. Une régence s’est installée, peine pourtant à s’installer. Profitant de la faiblesse de la monarchie, l’aristocratie se soulève contre la reine Anne d’Autriche, son fils Louis XIV et son Premier ministre le cardinal Mazarin. La reine et le cardinal finiront par triompher de leurs ennemis aux prix d’une longue guerre civile. Un conflit qui va profondément marquer le futur Roi-soleil qui a assisté, enfant, à la montée des ambitions de ces Grands qui ont osé remettre en cause son pouvoir. 

Versailles, un chef-d'oeuvre du patrimoine français

C’est après son mariage avec Marie-Thérèse d’Autriche qu’il va commencer à s’intéresser au relais de chasse de son père. En décidant de l’améliorer et de l’agrémenter de jardins somptueux, de lui rajouter plusieurs pavillons, Louis XIV ne sait pas encore qu’il va créer le chef d’œuvre de son règne. Un château qui va devenir le centre de la monarchie absolue, une prison pour ses courtisans, une splendeur architecturale qui continue encore d’émerveiller aujourd’hui des millions de touristes chaque année. Une construction qui va durer des années (1660-1684) et qui va coûter des millions à la France. On s’y presse, on s’y montre, on s’endette pour être près du roi et paraître dans la galerie de Glaces. Située au premier étage du corps central du château, elle est longue de 73 mètres, large de 10,50 mètres, revêtue de 357 glaces. C’est sous ses plafonds richement décorés, représentant les dix-huit premières années du règne de Louis XIV, que le président Emmanuel Macron et son épouse, Brigitte, vont recevoir le roi Charles III et la reine Camilla pour un dîner d’État qui ne sera pas sans rappeler les grandes tables de nos rois Bourbons. 

Une centaine d'invités au  dîner d’État

Le 20 septembre 2023, un important dispositif policier va être déployé autour du château de Versailles afin d’accueillir les 160 personnes invitées pour ce dîner exceptionnel. Aux côtés des fonctionnaires français, les services de sécurité royaux, les agents de la RaSP (la royalty ans Specialist Potection). Le choix des invités a été d’ailleurs l’objet d’une vaste empoignade entre les secrétariats de Buckingham Palace et ceux du Palais de l’Élysée dont la délégation de représentation ne sera pas majoritaire. Une table de 60 mètres de long va être dressée avec un service à la française tout au long du repas où seront assis, en fonction de leur rang protocolaire, près du couple présidentiel et royal, ministres, ambassadeurs, sportifs, acteurs/actrices...etc etc,  qui ont été triés sur le volet. Selon diverses sources, ce sont les chefs étoilés Anne-Sophie Pic, Yannick Alléno et Pierre Hermé qui ont été choisis pour concocter le repas qui débutera à 18h30 et qui doit rendre hommage à la reine Elizabeth II. Feu la souveraine y avait elle-même mangé à trois reprises (1948 1957 et 1972). 

L'ombre de Valmy sur cette tablée digne du règne de Louis XIV

Un intermède musical sera donné dans la Chapelle Royale par le violoniste Daniel Lozakovich . En raison des prises de positions du monarque, le traditionnel foie gras a été banni des assiettes et les asperges (prévues pour le repas qui aurait dû être servi pour le voyage initial du roi prévu en mars dernier et annulé en raison d’un climat social tendue) remplacées par un  homard bleu, du tourteau de casier avec un voile d'amande fraîche et de la menthe-coq. Le reste du dîner devrait être composé d’une volaille de Bresse pochée, marinée dans du champagne avec « son extraction de maïs rôti durant 17 heures » et avec un gratin de cèpes en accompagnement. Suvi de 3 fromages ( dont deux sont français). Quant au dessert, il a été choisi par Brigitte Macron en personne. Elle aurait suggéré que soit réinterprété l’Ispahan. Un dessert qui s’affiche fièrement sur le site de Pierre Hermé et qui est « composé d'une fine couche de macaron recouverte d'une compote de framboises et d'un sorbet de litchi, de rose et de framboise ». De quoi réveiller les papilles royales et faire rêver tous les palais. 

Un dîner qui ne fait toutefois pas l’unanimité. Sur les réseaux sociaux, certains ont pointé du doigt l’étalage de faste déployé pour les souverains britanniques alors que la France subit les effets d’une forte inflation économique. « L’image sera évidemment et fondamentalement nuisible pour Emmanuel Macron » explique Benjamin Morel au quotidien La Dépêche. Un maître de conférences en droit public à l'université Paris 2 Panthéon-Assas qui rappelle aussi le mauvais choix de date pour cette réception. En effet, elle correspond à l’anniversaire de la bataille de Valmy. En 1792, les armées de la jeune République remportaient leur première victoire face aux monarchies coalisées. Tout est dans la symbolique et certains pourraient être tentés de le rappeler au roi Charles III et au président Emmanuel Macron lors de ce dîner d’État.

Copyright@Frederic de Natal

 

Date de dernière mise à jour : 20/09/2023

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