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Antoine de Massy, la maison des Grimaldi endeuillée
Petit-fils de la princesse Antoinette, sœur aînée du prince Rainier III, Antoine de Massy est décédé dans des circonstances qui font l’objet d’une enquête judiciaire. Jeune entrepreneur, il appartenait à une famille étroitement liée à l’histoire de la Principauté. Retour sur les faits et sur l'histoire de cette branche de la famille princière.
La Principauté de Monaco est endeuillée par la disparition d’Antoine de Massy. Le petit-fils de la princesse Antoinette de Monaco, sœur aînée du prince Rainier III, est décédé mystérieusement.
Petit-cousin du prince Albert II, il appartenait à une branche cadette des Grimaldi. Si le Palais princier a rapidement fait part de son émotion, les circonstances de cette disparition demeurent au cœur d’une information judiciaire ouverte à Monaco.
Une disparition signalée par ses proches
C’est l’inquiétude de sa famille qui a conduit à la découverte du corps. Antoine de Massy était attendu à un déjeuner familial le dimanche 25 octobre 2026. Ne le voyant pas arriver et ne parvenant pas à obtenir de ses nouvelles, un proche a signalé sa disparition aux autorités monégasques. Des recherches ont alors été engagées par la Sûreté publique.
Le corps du jeune homme a finalement été retrouvé dans la soirée, dans un jardin situé en contrebas du boulevard du Larvotto, à proximité du musée Villa Sauber. Né le 15 janvier 1997 à Miami, aux États-Unis, Antoine de Massy possédait la nationalité monégasque. Dès le lendemain, le Palais princier a rendu hommage au jeune homme dans un communiqué. « Leurs Altesses Sérénissimes le prince Albert II et la princesse Charlène ont appris avec tristesse le décès d’Antoine de Massy, âgé de 29 ans, petit-fils de la princesse Antoinette, sœur aînée du prince Rainier III », indiquait la déclaration officielle.
Le couple princier a également souligné son attachement au tennis, une discipline profondément ancrée dans l’histoire de sa famille : « Passionné de tennis, il s’inscrivait dans une histoire familiale étroitement liée à ce sport en Principauté. » . Antoine avait commencé à pratiquer très jeune. Dans un entretien accordé en 2012 au magazine L’Uomo Vogue, il expliquait que son père lui avait mis une raquette entre les mains dès l’âge de trois ans. Adolescent, il avait poursuivi son entraînement en Floride, où il avait notamment fréquenté l’académie de tennis Nick Bollettieri.
Il avait également participé à des compétitions juniors, dont l’Eddie Herr International en 2011, dans la catégorie des moins de 14 ans. Son ambition était alors de pouvoir un jour représenter la Principauté aux Jeux olympiques. Si sa carrière sportive ne semble pas s’être prolongée au plus haut niveau après ses années juniors, le tennis était resté un élément important de son identité.
Le prince Albert II et la princesse Charlène ont enfin exprimé leur solidarité à ses proches, leur adressant leurs « sincères condoléances en cette douloureuse circonstance ».
Une enquête judiciaire pour homicide involontaire et non-assistance à personne en danger
Dans un premier temps, le parquet général avait ouvert une enquête en recherche des causes de la mort. Les investigations menées par la police judiciaire ont toutefois conduit les autorités à s’intéresser à un homme apparaissant sur des images de vidéosurveillance en compagnie d’Antoine de Massy, alors que celui-ci se trouvait encore sur le boulevard du Larvotto.
Le procureur général de Monaco, Stéphane Thibault, avait alors insisté sur la prudence nécessaire, présentant la personne recherchée comme un « suspect, témoin de faits dont la qualification reste à déterminer ». À ce stade, avait-il précisé, « la thèse de l’accident » n’était pas exclue. Les éléments communiqués ultérieurement par le parquet ont fait évoluer le dossier. Le 28 octobre, une information judiciaire a été ouverte et confiée à un juge d’instruction pour des faits qualifiés d’« homicide involontaire » et de « non-assistance à personne en danger ».
Un homme de 42 ans, de nationalité ukrainienne et résidant en Principauté depuis une trentaine d’années, a été mis en cause puis placé en détention provisoire. Selon le parquet, il a contesté les faits lors de sa garde à vue et n’a ensuite pas souhaité répondre aux questions du juge. L’autopsie a, pour sa part, orienté les investigations vers une chute d’environ treize mètres depuis le boulevard du Larvotto, jusqu’à un terre-plein situé à l’arrière d’un immeuble. Le procureur général a expliqué que les faits reprochés au mis en cause pouvaient avoir été commis à des moments différents. L’instruction doit désormais établir précisément le déroulement des événements ayant conduit à cette chute.
Plusieurs médias ont également rapporté qu’Antoine de Massy aurait été aperçu à la sortie d’un établissement de nuit, dans la nuit du samedi 24 au dimanche 25 octobre, en titubant et accompagné d’un homme. Ces éléments, attribués à des sources informées, n’ont pas été officiellement détaillés par le parquet. Ils ne permettent donc pas, à eux seuls, de reconstituer les circonstances du décès. À ce stade, la mise en examen ne constitue pas une déclaration de culpabilité. La présomption d’innocence demeure applicable et l’instruction doit notamment déterminer le rôle exact de la personne mise en cause.
C’est aussi la seconde affaire en peu de temps qui implique un ukrainien au sein de la principauté. Une bombe artisanale dissimulée dans un sac a explosé devant un immeuble résidentiel de Monaco, au moment où Vadym Yermolaiev, sa compagne et le fils de celle-ci, âgé de 13 ans, rentraient chez eux. L'homme d'affaires (dans le viseur de Kiev depuis des années) a été grièvement atteint, tandis que sa compagne a subi de très graves blessures. L'enquête monégasque a rapidement identifié une ressortissante ukrainienne de 39 ans, Anastasiia Berezovska, comme principale suspecte. Elle a été mystérieusement retrouvée morte par balles, en Ukraine, quelques jours après l'attentat.
Les autorités ukrainiennes ont alors annoncé l'arrestation de deux hommes, dont un officier en activité du renseignement militaire ukrainien, le HUR, et un ancien membre des forces de l'ordre. Selon les premières déclarations du parquet ukrainien et du SBU, l'officier du HUR avait reconnu avoir participé au meurtre de la suspecte, affirmant avoir agi de sa propre initiative et sans en informer sa hiérarchie. Il est ensuite revenu sur ses déclarations.
Los De Massy, la otra dinastía de los Grimaldi: una muerte en extrañas circunstancias, un patrimonio ligado al tenis y una batalla por el poder La muerte de Antoine de Massy, primo de Alberto II, ha roto a la casa descendiente de la princesa Antonieta https://t.co/6ngGK4Web9
— Vanitatis (@vanitatis) November 1, 2026
La branche de Massy, une histoire au sein de la famille Grimaldi
Pour comprendre la place d’Antoine de Massy dans la famille princière, il faut revenir à la princesse Antoinette de Monaco (1920-2011), sa grand-mère paternelle. Fille aînée de la princesse Charlotte et du comte Pierre de Polignac, elle était la sœur aînée du prince Rainier III (1923-2005), père du souverain actuel.
La princesse Antoinette a eu trois enfants avec Alexandre-Athenase Noghès (1916-1999), avocat monégasque et personnalité du monde du tennis : Elizabeth-Ann, née en 1947, Christian, né en 1949 (et actuel attaché économique à l’Ambassade de Monaco aux États-Unis) , et Christine, née en 1951. Ces enfants, issus de la famille Grimaldi, ont ensuite porté le nom de Massy.
Cette dénomination est liée à une décision du prince Rainier III, qui a accordé à sa sœur le titre de baronne de Massy en 1951. Ses descendants furent dès lors connus sous ce nom, formant une branche collatérale de la famille princière. A noter que le titre de baron de Massy porté par Christian est, par ailleurs, présenté comme non héréditaire. Antoine ne lui succédait donc pas dans ce titre. Son appartenance à la famille princière relevait avant tout de sa filiation avec la princesse Antoinette et de son ascendance Grimaldi.
Dans les années 1950, la princesse Antoinette de Massy aurait comploté pour destituer son frère et le remplacer comme régente, soutenu par Jean-Charles Rey, alors Président du Conseil national de Monaco, présenté par la presse comme son amant, plus tard mari.
À cette époque, Rainier entretenait une liaison de dix ans avec la belle actrice française Gisèle Pascal, qu’il avait rencontrée alors qu’il étudiait à l’université de Montpellier. Ils vivaient ensemble dans une villa à Saint-Jean-Cap-Ferrat. Antoinette, d’un naturel porté à l’ingérence, aurait fait courir le bruit que Gisèle était stérile, espérant ainsi garantir la succession à son propre fils. On commença à raconter qu’un médecin avait examiné l’actrice et confirmé cette rumeur - laquelle fut par la suite démentie lorsqu’elle eut un enfant, issue de son mariage avec l’acteur Raymond Pellegrin. Quoi qu’il en soit, Gisèle et Rainier se séparèrent en 1953, et la succession fut finalement assurée en 1956, lorsque Rainier épousa Grace Kelly, avec qui il eut trois enfants.
Les médias affirmeront souvent que les belles-sœurs, Grace et Antoinette, ne s’entendaient pas. Cela n’a jamais été le cas. Certes, Antoinette possédait un tempérament fougueux et difficile, et il lui arrivait de se disputer violemment avec son frère. Mais, malgré ses tentatives passées pour influencer la succession princière, elle éprouvait une grande affection pour lui. La princesse Grace, quant à elle, fut toute sa vie déterminée à préserver l’harmonie familiale et s’efforça, pour sa part, d’apaiser les tensions entre le frère et la soeur, contribuant à maintenir la stabilité des Grimaldi.
Un jeune entrepreneur dans le secteur numérique
Au-delà de ses attaches familiales et de son intérêt pour le sport, Antoine de Massy avait entrepris de développer une activité professionnelle dans le secteur des nouvelles technologies.
Il était associé à la société Instant App, une structure monégasque créée en 2021 et spécialisée dans la conception, le développement et l’exploitation de logiciels, d’applications, de plateformes informatiques et de sites internet. Il en assurait la cogestion depuis 2023 avec un associé, Velizar Radovic. La société avait notamment été accompagnée par Monaco Boost, la pépinière d’entreprises mise en place par le gouvernement princier pour soutenir les initiatives entrepreneuriales locales. Cette activité témoignait d’un parcours personnel tourné vers l’entreprise et le numérique, en dehors de toute fonction institutionnelle au sein de la Principauté.
Issue d’une fratrie de 4 enfants (il a une demi-sœur et deux demi-frères aux origines guadeloupéennes) Antoine de Massy laisse derrière lui une famille frappée par une disparition brutale. Tandis que ses proches font leur deuil, l’instruction judiciaire devra désormais établir les circonstances exactes de sa mort. À Monaco, cette affaire est suivie avec attention, tant en raison de ses implications judiciaires que des liens familiaux du jeune homme avec la maison souveraine.
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Date de dernière mise à jour : 02/11/2026