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Princesse et influenceuse : Maria-Carolina, l’autre visage de la royauté

Héritière d’une couronne disparue mais jamais oubliée, la princesse Maria-Carolina de Bourbon-Deux-Siciles incarne une aristocratie en pleine mutation. Entre devoir dynastique, modernité assumée et exposition médiatique régulière, elle dessine une nouvelle manière d’être princesse au XXIe siècle.

Elle a 22 ans, descend directement de Louis XIV et reste l’héritière d’une famille qui a inscrit son nom dans le Sud de l’Italie.

Depuis quelques jours, Maria-Carolina de Bourbon-Deux-Siciles est devenue la coqueluche des médias en tout genre depuis l’officialisation de sa relation avec Jordan Bardella, 8 ans son aîné, Président du Rassemblement national (RN), député européen et potentiel candidat à la prochaine élection présidentielle.

Les monarques des Deux-Siciles @wikicommons

Une dynastie de guépards italiens

C’est une histoire de généalogie avant tout et de conquêtes.  En 1734, le prince Charles de Bourbon, se fondant sur sa légitimité à revendiquer le trône, s’empare du royaume de Naples et celui de Sicile. Fils du roi Philippe V d’Espagne, il fonde une nouvelle branche des Bourbons destinée à régner sur le sud de la péninsule italienne. Profondément catholique, joyeux, chasseur et amoureux des arts, il pose les jalons d’un état en devenir. 

En 1759, il doit abandonner ses regalia pour monter sur le trône d’Espagne. Il laisse son sceptre napolitain à son fils, Ferdinand IV. Le nouveau souverain est loin d’avoir la force politique de son père. Le visage ingrat, peu cultivé, d’un caractère effacé, les traits décrits par ses contemporains ne s’améliorent pas avec le temps et contrastent avec ceux de son épouse, la tempétueuse Marie-Caroline d’Autriche. Son règne est marqué par la Révolution française dont les effets se font ressentir sur leur royaume. Ferdinand est le beau-frère du roi Louis XVI, Marie-Caroline d'Autriche horrifiée par les décisions d’une assemblée qui mène sa sœur sur l’échafaud. Le pire arrive avec l’invasion de leur état en janvier 1799 par les troupes du général Bonaparte. Une république est proclamée, le couple royal  est contraint de fuir sur un navire britannique.

La République parthénopéenne aura une durée de vie assez brève. En juin de la même année, les royalistes ont repris Naples. Malgré la promesse du monarque de leur accorder vie, les partisans de la république sont exécutés en masse. Une terreur blanche s’installe dans tout le royaume, 8000 personnes sont arrêtées.  Le répit ne sera courte durée. La proclamation du Premier Empire en 1804, la nouvelle invasion du sud de l’Italie par les troupes de Napoléon Ier en 1805, provoquent encore la fuite des souverains de Naples. Joseph Bonaparte est nommé roi de Naples avant d’être remplacé par le maréchal Joachim Murat qui va profondément réformer un royaume resté moyen-âgeux. Réfugiés en Sicile, la vie de Ferdinand et de Marie-Caroline est loin d’être un sinécure. Les Barons siciliens s’agacent de l’omniprésence de la noblesse napolitaine et se révoltent brièvement. Même les Britanniques s’agacent du souverain et songent à le remplacer par le prince héritier.

En 1815, la chute de l’Empire permet à Ferdinand et Marie-Caroline de retrouver leur trône. C’est la naissance du royaume des Deux-Siciles. Sous la pression populaire, il se dote d’une constitution en 1820. Les règnes de François Ier (1825-1830) et de Ferdinand II (1830-1859) sont marqués par autant de révoltes que de complots (notamment en faveur des Murat) que de répressions. La vague du Risorgimento va finalement emporter dans la furie des armes ce royaume en 1861. Retranché dans la forteresse de Gaète, François II, dernier souverain, mène un dernier combat désespéré. « Nous avons tout perdu, sauf l’honneur », aurait-il déclaré lors de la chute du royaume et un exil sans retour, suivis par de nombreux « guépards » de la noblesse napolitaine et sicilienne.

Héritière d’un royaume perdu

Fille de Charles de Bourbon-Deux-Siciles et de Camilla Crociani, la duchesse de Calabre évolue entre Monaco, Paris et la Méditerranée, dans un univers où les traditions familiales restent vivaces. La princesse rappelle elle-même ce lien intime à l’histoire : « Je suis profondément attachée à mes racines et à l’histoire de ma famille. » . Éduquée à domicile jusqu’au baccalauréat, aux côté de sa sœur, la princesse Maria Chiara, elle a ensuite étudié la mode à l’Istituto Marangoni, avant de suivre un double cursus entre l’Université Harvard et une université de Monte-Carlo.

Polyglotte, elle maîtriserait six langues : italien, français, anglais, espagnol, portugais et russe selon sa biographie officielle. Influenceuse (suivie par 200 000 abonnés), mannequin affichant une superbe plastique sur ses réseaux sociaux, naviguant entre Paris, Monaco et Naples, elle est investie dans de nombreux organismes de charité (dont celui du prestigieux Ordre sacré et militaire constantinien de Saint-Georges).  C’est en 2016 que s’est ouvert un nouveau chapitre pour la princesse Marie-Caroline. En abolissant la loi salique, qui régit la succession à la couronne des Deux-Siciles, son père, qui est un des deux prétendants à la couronne, la désigne comme héritière.

Depuis plus d’un siècle, la maison royale des Deux-Siciles est en proie à une querelle dynastique où chaque camp en présence affute ses arguments. Jusqu’à présent, la princesse Maria Carolina n’a pas véritablement pris position sur ce conflit, préférant regarder l’avenir tout préservant les traditions. « Être princesse n’est pas un conte de fées, c’est une responsabilité (..), c’est aussi savoir communiquer et toucher les jeunes générations. » , explique-t-elle en interview (2022 /2023)

« Elle incarne une génération qui n’a plus de trône, mais qui conserve une forme d’autorité symbolique. », résume un observateur de la vie mondaine à propos de celle qui est aussi la cousine du prince Jean-Christophe Napoléon, héritier des deux Empires français.

S’adapter sans rien renier

Depuis la révélation de sa relation amoureuse avec Jordan Bardella, qui partage avec elle des origines toutes méditerranéennes, les Français comme les Italiens ont (re-)découvert cette princesse au teint blond et aux yeux bleus perçants.

C’est en janvier 2026, au cours du 200e anniversaire du journal Le Figaro que la princesse Marie-Caroline de Bourbon-Deux-Siciles et l’eurodéputé RN Jordan Bardella se sont rencontrés. Les rumeurs naissantes autour de la nature de leur relation ont fini par être confirmées le magazine Paris Match qui a publié des « photos volées », prises en Corse, à Ajaccio, du jeune couple. Très rapidement, la presse française et italienne s’est emballée et a multiplié les titres sur cette « love story 2.0 ».

Chaque journaliste y allant de son analyse et de son commentaire au regard des enjeux et de la personnalité de la princesse au sang royal et le futur-éventuel candidat à la prochaine élection présidentielle d’avril 2027.  Tout comme les internautes qui n’ont pas hésité à exhumer et partager sur les réseaux sociaux les passages télévision de la princesse Marie-Caroline et de la princesse Maria-Chiara de Bourbon-Deux-Siciles.

Si on est loin des fastes d’antan qui ont fait le glam’s des familles royales, « les dynasties déchues ne disparaissent jamais totalement : elles se transforment. », comme l’explique l’historien Jean des Cars. Aujourd’hui, elles se connectent et se tournent résolument vers un futur qu’elles entendent dessiner dans le respect de leur histoire. La force des familles régnantes ou non régnantes reste celle de s’adapter et se conformer aux siècles qui passent sans rien renier.  

À travers la princesse Maria-Carolina de Bourbon-Deux-Siciles, c’est toute une époque qui se donne à voir où l’héritage ne suffit plus, mais où il demeure une énergie de demain. Une époque où la royauté ne règne plus, mais continue de fasciner encore des millions de personnes, nostalgiques d’une période, symbole d’indépendance et de stabilité.

Copyright@Frederic de Natal

Date de dernière mise à jour : 13/04/2026