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Louis de Bourbon : le prince qui renforce son influence en Espagne

Le prince Louis-Alphonse de Bourbon renforce son engagement en Espagne. Nommé Maître Conseiller du Corps Royal de la Noblesse des Asturies, le duc d’Anjou s’inscrit dans la continuité d’un héritage familial et historique hispanique, entre tradition aristocratique et rayonnement culturel. Il s’est expliqué dans un entretien accordé au magazine Hola. 

Aîné de la Maison de Bourbon, installé à Madrid où il réside à l’année, le prince Louis-Alphonse de Bourbon, 51 ans,  poursuit son engagement au service des traditions nobiliaires du royaume d’Espagne.

En devenant Maître Conseiller du Corps Royal de la Noblesse de la Principauté des Asturies, le duc d’Anjou s’inscrit dans une continuité familiale et historique, revendiquant un rôle actif dans la transmission des valeurs et du patrimoine culturel hispanique.

 

 

Une nomination placée sous le signe du devoir

Très peu commentée dans les milieux Légitimistes qui soutiennent les droits au trône de France du duc d’Anjou, c’est une information qui a de quoi surprendre. En janvier 2026, le prince Louis-Alphonse de Bourbon a été nommé Maître Conseiller du Corps Royal de la Noblesse de la Principauté des Asturies. Il succède à ce poste au défunt duc de Séville, Francisco de Borbón y Escasany, décédé en mai 2025.

Loin d’envisager cette distinction comme un simple titre honorifique, Louis-Alphonse de Bourbon s’est confié au magazine Hola et a insisté sur la dimension de service qui accompagne cette fonction. « Succéder à mon oncle Francisco représente une immense responsabilité », reconnaît Louis-Alphonse de Bourbon. « Reprendre le flambeau du duc de Séville, c’est respecter l’œuvre accomplie tout en sachant l’adapter à notre époque. », assure-t-il. Cette transmission générationnelle souligne d’ailleurs la permanence d’un modèle aristocratique fondé sur le service et la continuité historique, valeurs auxquelles le prince se réfère régulièrement dans ses discours lors de ses voyages épisodiques en France.

Institution héritière de l’ancienne noblesse terrienne espagnole, le Corps Royal de la Noblesse des Asturies s’inscrit dans une tradition historique remontant à la Reconquista et à l’organisation sociale de la monarchie hispanique. À travers ses actions culturelles et caritatives, cette organisation conserve aujourd’hui un rôle de transmission mémorielle et patrimoniale qui promeut les traditions locales. « J’aborde cette nomination avec gratitude, mais surtout avec un profond sens des responsabilités », confie-t-il. « J'ai accepté ce poste car je crois fermement à la valeur de la préservation de la mémoire historique et des formes de représentation de la noblesse, composantes essentielles de l'identité culturelle espagnole », renchérit-il. « Je ne la perçois pas comme un honneur personnel isolé, mais comme un engagement au service d’une institution forte d’une tradition séculaire. » qui a fait ses preuve en Espagne, son pays de naissance.

 

 

Des racines profondément ancrées en Espagne

Père de 4 enfants, le prince Louis-Alphonse de Bourbon a toujours maintenu des attaches avec l’Espagne. Son histoire familiale s’inscrit dans celle tumultueuse du pays de Cervantès.  Arrière-petit-fils du roi Alphonse XIII d’Espagne renversé par une révolution en 1931, il est aussi celui du Caudillo Francisco Franco qui a mis fin à la république en 1939 et à qui le pays doit aussi le retour de la monarchie en 1975.

Son père, Alphonse de Bourbon (1936-1989), tragiquement disparu, cousin germain du roi Juan Carlos Ier, fut d’ailleurs brièvement pressenti comme successeur potentiel sous le franquisme.  Une idéologie assumée par le duc d’Anjou, également Président d’honneur de la Fondation nationale Francisco Franco. « Quand on attaque Franco, on attaque les miens, plus de la moitié de l'Espagne, la monarchie et l'Église qu'il protégea », a déclaré le prince en plein débat dur l’exhumation des restes du Caudillo ordonnée par le gouvernement de coalition de gauche (2018-2019).

Le prince Louis-Alphonse de Bourbon confesse un attachement régional aux Asturies : « Par ma grand-mère maternelle, Carmen Polo (1926-2017), fille du généralissime, j’ai un lien personnel avec cette terre qui fait partie intégrante de mon histoire. ». Cette double filiation, royale et historique, explique la présence régulière du prince dans la vie institutionnelle espagnole et son implication dans plusieurs organismes culturels liés à la noblesse ibérique ou politique, soutien du Parti Vox dont son leader Santiago Abascal est un ami personnel.

Etudes à Madrid, Chevalier de l'Ordre du Saint-Sépulcre de Jérusalem de l'Église catholique à Ronda (Malaga), il a effectué son service militaire au sein de l’armée de l’air, sur la base d’hélicoptères d’Armilla, où il a prêté serment de fidélité à la monarchie espagnole (1998). Banquier de formation où il a exercé au sein de la succursale madrilène de la BNP, il exerce également des activités au sein de la Banco Occidental de Descuento, organisme financier de son beau-père, Victor Vargas, le banquier du régime vénézuélien. 

Sportif, engagé dans la défense de l’écologie mais passionné de tauromachie, entrepreneur aux succès aléatoires, le prince Louis-Alphonse de Bourbon n’en oublie pas pour autant qu’il est un descendant de Louis XIV. C’est à ce titre qu’il régulièrement rendre hommage aux rois de France, notamment chaque 21 janvier où les royalistes commémorent la mort de Louis XVI, guillotiné par la Convention en 1793. Reçu par les autorités militaires et politiques locales, il assume son héritage capétien. Partisan de la monarchie constitutionnelle, catholique convaincu, Louis-Alphonse de Bourbon a soutenu le mouvement des Gilets Jaunes et plus récemment le mouvement des agriculteurs. Il accorde régulièrement des interviews à la presse française, se déclarant à la disposition de la France, entendant être une alternative à la République.

 

 

Redonner un rôle actif à la noblesse espagnole

Pour le prince Louis-Alphonse de Bourbon, la noblesse ne saurait être figée dans un cérémonial d’apparat. Le prince défend une vision résolument moderne de son statut social. « Être noble aujourd’hui ne se résume pas à une simple question de lignée », affirme-t-il. « Il faut l’interpréter comme une posture éthique : le service, la responsabilité, la discrétion et l’engagement envers la société. ».

A travers ses nouvelles fonctions, il souhaite développer des initiatives culturelles, académiques et caritatives afin de rapprocher l’institution des nouvelles générations. « Je suis convaincu que les institutions nobiliaires du XXIᵉ siècle doivent être actives, visibles et utiles à la société. » explique le prince. Une noblesse quelque peu malmenée par les gouvernements de Gauche qui n’ont pas hésité à abolir celle créée sous Franco (dont le duché du même nom accordé par le roi Juan Carlos Ier) et quelques scandales retentissants.  Les derniers en date touchant aussi bien sa branche que celle des ducs de Séville.

Région au poids historique majeur, les Asturies occupent une place singulière dans l’imaginaire national espagnol. Considérée comme le berceau de la Reconquista, la principauté demeure un symbole d’identité et de continuité monarchique. C’est aussi le titre porté par héritiers de la couronne espagnole Le prince Louis-Alphonse de Bourbon insiste sur cette dimension historique et culturelle auxquelles il tient : « Les traditions ne sont pas des vestiges du passé ; elles sont des ponts entre les générations. ». Selon lui, la transmission de ces repères historiques constitue une réponse aux mutations contemporaines. « Maintenir ces traditions ne signifie pas rejeter la modernité, mais l’intégrer à partir d’un solide socle culturel. », rappelle le duc d’Anjou. Tout en demeurant une figure du royalisme français, il développe progressivement une présence institutionnelle en Espagne, pays de ses origines familiales, où il compte quelques partisans (malgré lui) qui révéraient le voir monter sur le trône du roi Felipe VI au décès de ce dernier (il pourrait recueillir les droits carlistes au trône d'Espagne au décès du prince Sixte-Henri de Bourbon-Parme). Tout le paradoxe des prétendants légitimistes, le regard constamment tourné vers les deux côtés des Pyrénées. 

Cette nomination au sein du Corps Royal de la Noblesse des Asturies confirme son ancrage dans la tradition aristocratique espagnole et son ambition de lui donner une résonance contemporaine. Entre France et Espagne, le prince Louis-Alphonse de Bourbon poursuit ainsi une trajectoire où l’héritage historique se conjugue avec une volonté d’action culturelle et sociétale. Une démarche qui, pour ce Capétien, Bourbon comme Franco par le sang, illustre la vocation première de la noblesse à laquelle il appartient : transmettre, servir et incarner une continuité au cœur des mutations du monde moderne.

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Date de dernière mise à jour : 11/02/2026