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Les prétendants au trône rendent hommage à Jean Raspail

Jean raspail getty«Le royalisme tel que je le conçois n'est pas une position politique. C'est, au contraire, une attitude éthique, philosophique et religieuse. Le royalisme est une idée belle et noble qui satisfait ce que l'on a de meilleur en nous-même : l'héroïsme, le sens du sacré et l'idéal». Hier, l’écrivain Jean Raspail a rendu son âme à Dieu. Tout au long de sa vie, il était resté fidèle à l’idée royaliste et s’était battu pour le retour de la monarchie. Prétendants au trône de France, les princes Jean d’Orléans et Louis- Alphonse de Bourbon ont rendu hommage à cet auteur passionné.

«Un grand écrivain et grand ami vient de nous quitter. A la suite de ses sept cavaliers, Jean Raspail «a quitté la Ville au crépuscule, face au soleil couchant, par la porte de l’Ouest qui n’était plus gardée ». Puissent ses livres continuer de nourrir notre imaginaire.» a twitté le prince Jean d’Orléans, comte de Paris. Depuis peu l’écrivain et la maison d’Orléans s’étaient rapprochés sans pour autant que le descendant de Louis-Philippe Ier en fasse état. L’écrivain était sulfureux, admiré comme détesté. « Les Orléans n'ont vraiment pas de chance. Cependant, il faut bien distinguer la fidélité au souverain et l'opinion qu'on a de lui. Le souverain incarne la nation, c'est dans l'ordre des choses » pensait l’auteur de « Sire », un roman dont le principal protagoniste était «Philippe-Pharamond», dernier descendant des capétiens, couronné à l’aube de l’an 2000 et recherché par toutes les polices de Fran ce. Ironie du sort, France 2 a annoncé récemment qu'elle projettait  de diffuser bientôt une série mettant en scène, «une France monarchique avec à sa tête un Louis XXVIII, confronté à ses problèmes d'adoslesents». Jean Raspail était royaliste et ne s’en cachait pas.

Hommage du comte de Paris à Jean Raspail«L'idée royaliste ne sera jamais ringarde car elle est permanente. Aujourd'hui, en France, personne n'incarne la continuité de la nation. Je pense qu'on peut aimer un roi, être fidèle à un roi... mais pas à un président de la République !»  écrivait Jean Raspail qui avait été un des organisateurs des manifestations du bicentenaire de la mort de Louis XVI, en 1993. 5000 royalistes, place de la Concorde, un succès mais que de divisions. L’homme avait un dada, la Patagonie. Royaume éphémère crée à la fin du XIX siècle par un avoué de Dordogne, Antoine–Orélie de Tounens, Jean Raspail avait raconté ses aventures de rêveur parti unifier les indiens mapuches dans son roman «Adiós, Tierra del Fuego» et «Moi, Antoine de Tounens, roi de Patagonie». Ce dernier avait été d’ailleurs primé au grand prix du roman de l’Académie française. En 1981, il s’était auto-proclamé consul général de Patagonie avant d’aller planter le drapeau d’un royaume fasntasmé aux Minquiers. Balade de boy-scouts pour les uns, affaire très sérieuse pour les autres, la France passa l’événement sous silence alors qu’à Londres, le gouvernement de Sa Majesté protesta vigoureusement contre cette invasion française sur son archipel anglo-normand. De cette idée patagonne, il ne reste plus que deux prétendants, respectivement élus par des conseils rivaux qui se sont  excommuniés et «qui n’ont jamais mis les pieds en Argentine» comme le rappelait Jean Raspail, qui jouait volontiers les explorateurs et estimait que lui seul était détenteur de l’héritage patagon.

Le duc d'Anjou rend hommage à Jean Raspail«La rupture a été trop longue. Plus de cent cinquante ans se sont écoulés depuis le dernier roi de France. Le roi n'est plus un personnage de l'imaginaire français - si tant est qu'il existe encore un imaginaire français ! Dans l'inconscient collectif, le souvenir de l'onction divine, qui faisait autrefois les rois, a disparu. Le roi, l'héritier, le royaume de France, la présence de Dieu dans le pouvoir, le sens de l'Histoire, le destin national incarné par un souverain échappant aux caprices du suffrage universel, tout cela n'a aucun sens pour 99,5 % de nos compatriotes. La France est le pays d'Europe le plus déchristianisé. Or, pas de Dieu, pas de roi ! ». Le rétablissement, une question de temps pour celui qui avait publiquement critiqué la politique d’immigration du gouvernement dans une lettre rendue publique en 2004. Son livre, jugé prophétique pour beaucoup, « Le camp des saints »,  avait commun un immense succès et reste encore une référence pour la droite conservatrice. Y compris aux Etats-Unis, volontiers cité par Steve Bannon, ancien conseiller du président Donald Trump.

«Un roi ne reviendra que si l’un des deux prétendants actuels accepte de faire hommage à l’autre ». Profondément catholique et traditionnaliste, Jean Raspail avait longtemps été proche du milieu Légitimiste. Il ne cachait pas son admiration pour Alphonse de Bourbon, le père de l’actuel prince Louis-Alphonse. Le duc d’Anjou a d’ailleurs tenu à lui rendre hommage.  C’est avec une grande émotion que j’apprends le rappel à Dieu de Jean Raspail. Fidèle jusqu’au bout à l’Eglise et à la France. Sa personnalité et son panache nous manqueront» a également twitté ce prétendant au trône de France. De ce mouvement, il avait fini par s’en détacher, critiquant à qui voulait l’entendre, une mouvance incapable de s’adapter. En 2008, dans une courte vidéo, il avait affirmé qu’il fallait «abandonner la notion de royauté absolue au siècle où on vit», rappelant qu’il n’y avait aucune contradiction entre «le pouvoir royal et la démocratie» tout en fustigeant les aficionados  acharné de la «grâce divine».

Jean raspail ecrivain gettyDans sa dernière réédition du «Roi au-delà de la mer», il expliquait pourquoi, l’idée royale était incarnée désormais par Jean d’Orléans. « Le roi de France est le roi, comme l'eau est l'eau, comme le feu est le feu, par la volonté divine exprimée et confirmée par le sacre de tous les souverains qui vous ont précédé […] Vous n'êtes pas maître de votre condition […] Vous n'avez pas d'autre choix honorable qu'accepter, et la fidélité de tous vous est due, même si vous ne la rencontrez jamais»  affirmait ce mystique, qui avait aussi révélé dans « l’Anneau du pêcheur », l’histoire de la survivance de la papauté d’Avignon. «L'abrogation de la loi d'exil en 1950 a eu pour effet de banaliser les prétendants. Ils ne sont plus que des Français en France, privés de leur auréole de proscrit. S'ils n'y prennent garde, ils risquent de se fondre dans ce théâtre ambulant à la Pirandello avec ses bals caritatifs, ses réceptions sponsorisées, ses mariages merveilleusement princiers et son casting d'enfer, coiffeurs, couturiers, top models, histrions de télé, publicistes et requins de la finance » avait mis en garde Jean Raspail dans une interview au Figaro.

«Il est décédé entouré des siens» a déclaré son fils Quentin. Jean Raspail, devenu «royaliste par raisonnement», laisse derrière lui une œuvre littéraire considérable.  

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Date de dernière mise à jour : 14/06/2020

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