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La monarchie de Felipe VI à l'épreuve de VOX

Le récent accord entre Pedro Sanchez et les indépendantistes catalans, qui prévoit une amnistie pour ces derniers, a déclenché une vague de mécontentement en Espagne. Des manifestations massives orchestrées par le mouvement Vox de Santiago Abascal ont été recensées dans tout le royaume. Au cœur de cette crispation, également la monarchie espagnole du roi Felipe VI, accusée de trahison par l'extrême-droite et les nostalgiques du franquisme. 

Le 12 novembre 2023, des millions de citoyens ont investi les rues des principales villes d’Espagne pour exprimer leur indignation face à l'accord conclu entre le leader du Parti socialiste (PSOE), Pedro Sanchez, et les indépendantistes catalans. Cet accord, assorti d'une amnistie pour ceux qui ont participé à la tentative de sécession catalane il y a 6 ans, garantit le maintien au pouvoir du Premier ministre sortant, malgré la défaite de sa précédente coalition aux dernières élections législatives. Derrière ces manifestations, le Parti Populaire (PP) et le mouvement Vox de Santiago Abascal dont l’ascension a été fulgurante au pays de Cervantès. 

 

 

Le mouvement Vox accuse les socialistes de  coup d’État

Le député d’extrême-droite est un monarchiste convaincu. Il a été reçu à de nombreuses reprises par le roi Felipe VI au palais de la Zarzuela dans le cadre des négociations pour la formation d’un gouvernement. Ses partisans ont accusé Pedro Sanchez de trahir la nation en la divisant et ont unanimement réclamé sa démission, agitant le drapeau sang et or de l’Espagne comme symbole d'unité. Face au retour des socialistes à la tête du royaume, qu’il gouverne depuis, Santiago Abascal a déjà fait savoir au monarque qu’il ne reconnaitrait pas ce nouveau gouvernement et évoque un véritable « coup d’État » auquel il entend s’opposer « en toutes circonstances ». « Nous sommes prêts à nous battre devant les tribunaux, dans les institutions et dans la rue et nous le ferons avec toutes les conséquences » a-t-il prévenu, très irrité. Mais, c'est aussi un autre personnage a aussi attiré les crispations de certains partisans du mouvement Vox. : le souverain lui-même. 

 

 

 

Le roi Felipe VI accusé de ne pas protéger la monarchie face aux indépendantistes

Garant de l’institution monarchique, le roi Felipe VI est tenu de rester neutre et d’être au-dessus des partis. Une impartialité qui agace désormais certains militants de Vox et autres nostalgiques du Caudillo Franco. Lors des derniers rassemblements devant les sièges locaux du PSOE, des cris contre le roi se sont fait entendre de la part des manifestants : « Felipe, maçon, défends ta nation », « Felpudo VI » (jeu de mot avec son nom et qui peut être traduit par « paillasson »), ou encore « Les Bourbons, aux requins ». Sur les réseaux sociaux, les partisans de de la droite radicale se sont aussi empressés de manifester leur mécontentement : « Il n'est plus mon roi, pour moi il est le prince des biscuits au chocolat », « Il a trahi les valeurs de l'Espagne » ou bien « Il a signé sa propre destruction » peut-on lire sur X (anciennement Twitter).  Les critiques actuelles ne sont d'ailleurs pas sans rappeler les récriminations passées, notamment durant l'affaire Franco en 2019. À l'époque, le gouvernement de coalition de gauche avait anachroniquement ordonné l'exhumation du Caudillo de la Vallée de Los Caïdos (où il reposait depuis 1975), pour l'inhumer discrètement dans un cimetière de Madrid. Les partisans du franquisme avaient alors accusé le roi d'oublier ses responsabilités envers l'histoire de sa maison et face à ce qu'ils considéraient ccomme une faiblesse de sa part, certains n'avaient pas hésité à suggérer son remplacement par le prince Louis-Alphonse de Bourbon, chef de la maison Bourbon,  cousin du monarque et arrière-petit-fils du généralissime Franco, également un ami personnel de Santiago Abascal

Au sein de la direction du parti Vox, toucher au roi demeure une ligne rouge. Non seulement, ils s'opposent à la suppression de l'inviolabilité du chef de l'État souhaitée par l'extrème-gauche Podemos, mais ils s'engagent également à « protéger davantage Felipe VI », arguant qu'ils sont les seuls à défendre  « l'ordre constitutionnel ». Malgré cela, ils refusent de se catégoriser comme un parti monarchique, préférant souligner leur fidélité au roi. Cette position s’est drastiquement renforcée depuis l'épisode catalan, selon leurs dires. Une atmosphère de guerre civile semble désormais planer au-dessus de l’Espagne sans que l’on sache encore comment se dessinera l’avenir du royaume et de sa monarchie menacée par son flanc gauche.

Copyright@Frederic de Natal

Date de dernière mise à jour : 15/11/2023

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