Le roi Gyanendra Shah craint la guerre civile, appelle à l'apaisement et à l'unité
Le roi Gyanendra Shah craint la guerre civile, appelle à l'apaisement et à l'unité
L'ancien roi Gyanendra Shah a exprimé sa profonde inquiétude quant à la survie même du Népal, affirmant que le pays traverse aujourd'hui une crise bien plus grave qu'auparavant.
Dans un message vidéo diffusé à l'occasion du 304e anniversaire des célébrations de Prithvi Jayanti (fondateur de la dynastie) et de la Journée de l'Unité nationale, le roi Gyanendra Shah, 78 ans, a déclaré que si l'on s'inquiétait autrefois de la reconstruction du Népal, on craint aujourd'hui de plus en plus que le pays puisse même être sauvé.
Le roi Gyanendra Shah redoute un risque de guerre civile
L’ancien monarque a confié que près de vingt ans après avoir quitté le palais royal de Narayanhiti (à la suite d’une révolution populaire), les crises politiques, économiques et sociales persistantes qui frappent le pays le préoccupent profondément. Selon lui, le Népal ne se reconstruira pas par des discours, de la magie ou des miracles, soulignant que les institutions représentant toutes les castes, religions et régions, y compris la monarchie, doivent agir avec un sens aigu des responsabilités nationales.
« La monarchie, représentante commune de tous les Népalais, ne peut se soustraire à la responsabilité que le peuple lui a confiée », a-t-il déclaré, appelant les citoyens à accomplir leur devoir national en suivant ce qu'il a qualifié de « voie de Prithvi », en référence à la vision unificatrice de Prithvi Narayan Shah.
Dans son message, Gyanendra Shah a indiqué que les partis politiques arrivés au pouvoir il y a près de vingt ans, promettant paix, progrès économique et stabilité, avaient demandé à la monarchie de se retirer, « ce à quoi il s'était conformé de bonne foi ». « Il y a près de vingt ans, lorsque les partis ont promis d'instaurer la paix, le développement économique et la stabilité, nous avons remis la couronne, le dépôt du peuple, aux institutions populaires et nous nous sommes retirés du pouvoir dans un esprit de coopération », a-t-il rappelé. Pour le monarque, tous les ingrédients pour qu'une guerre civile éclate, sont actuellement réunis.
Les Népalais réclament toujours le retour de la monarchie
Des partisans de la famille royale déchue du Népal se sont rassemblés par millliers dimanche 11 janvier, dans la capitale Katmandou, exigeant le rétablissement de la monarchie avant les élections législatives prévues en mars prochain. Cette manifestation était le premier rassemblement d'envergure des royalistes depuis les violentes protestations de jeunes mécontents en septembre, qui avaient conduit à la formation d'un gouvernement intérimaire et à la convocation de nouvelles élections, et depuis l’unification des partis monarchistes RPP et RPP-N.
Scandant des slogans tels que « Nous aimons notre roi » et « Rendez-nous le roi ! », les manifestants se sont réunis près de la statue de Prithvi Narayan Shah, fondateur de la dynastie Shah au XVIIIe siècle. : « La seule et unique alternative pour ce pays est un roi et une monarchie. Compte tenu de la situation actuelle et de la voie empruntée par le pays après le mouvement de la Génération Z, la monarchie doit être rétablie pour gérer la situation. » a déclaré un des manifestants à la presse qui a massivement couvert l’événement. Un rassemblement s'est déroulé dans le calme, sous la stricte surveillance des forces anti-émeutes, contrairement aux fois précédentes.
Le gouvernement intérimaire, dirigé par la première femme Premier ministre du Népal, Sushila Karki – une juge à la retraite de la Cour suprême –, est arrivé au pouvoir à la suite des manifestations menées par la génération Z contre la corruption (2025), le chômage, le manque de perspectives et la mauvaise gouvernance. Ces troubles avaient été déclenchés par la brève interdiction des réseaux sociaux imposée par le gouvernement précédent issu des forces communistes. Son gouvernement est fortement critiqué pour ses retards dans l'ouverture d'enquêtes pour corruption.
Malgré l'abolition de la monarchie, l'ancienne famille royale du Népal bénéficie toujours d'un soutien populaire important.