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Le comte de Paris rappelle la loi de succession au trône

Le comte de Paris resserre les rangs, réforme la loi de succession au trône de France. Le prince Jean d’Orléans réaffirme sa légitimité comme chef de la Maison royale de France. le titre de duc d’Anjou revient désormais à la Couronne.

C’est un coup de tonnerre au sein de la Maison royale de France. La récente annonce de la maternité de Naomi Valeska-Kern, seconde épouse du prince Charles-Philippe d’Orléans, la persistance de son cousin à ne pas respecter ses décisions et ses multiples prises de position politique, ont fait réagir le prince Jean d’Orléans.

Le prétendant au trône de France, 60 ans, a décidé de prendre des mesures drastiques.

Le comte de Paris @Kevin Guillot

Le comte de Paris clarifie la ligne de succession capétienne

C’est très discrètement que le prince Jean d’Orléans a procédé à un changement à la ligne de succession au trône, visible sur son site officiel, le 13 janvier 2026. Il a annulé les effets de la réintégration de deux branches de sa famille, opérée en 1999 sous l’autorité de son père, Henri d’Orléans (1933-2019). Ce retour en arrière remet en cause la qualité dynaste des descendants du prince Michel d’Orléans, comte d’Évreux, et de son frère Thibaut, comte de la Marche. En cause : des mariages non approuvés, à rebours des règles de consentement matrimonial.

Cette décision s’inscrit dans une volonté claire de rigueur et de continuité monarchique: « Le Chef de la Maison de France a pour devoir de maintenir strictement les Lois fondamentales du Royaume ». Ces lois, qui ont régi durant des siècles la transmission du trône, sont ici réaffirmées comme norme incontournable, au-dessus des contingences personnelles ou des compromis familiaux.

Concrètement, cette position n’est pas sans conséquences : perte des prédicats d’Altesse royale, retrait des titres de prince et princesse d’Orléans, et fin de la qualité de Petits-Enfants de France et exclusion de la ligne de succession. Les titres d’apanage de duc d’Anjou et de comte de Dreux, conférés respectivement en 2004 et 2014 à des membres de ces branches, sont également retirés de facto. Les titres de comte de Dreux et de duc d’Anjou, qui ont disparu du site officiel du prétendant au trône, font de retour à la Couronne, revenant à la disposition du comte de Paris, en tant que gardien de la tradition monarchique française.

Louis de Bourbon et Charles- Philippe d'Orléans @wikicommons

Un titre, deux prétendants : le contentieux avec Louis de Bourbon

Ce retour à la Couronne du titre de duc d’Anjou relance, en filigrane, le débat sur la légitimité dynastique entre les Orléans et les Bourbons, deux branches issues du roi Henri IV. Depuis la mort du comte de Chambord en 1883, dernier représentant de la branche aînée des Bourbons, deux visions dynastico-idéologiques s’affrontent : celle des Légitimistes, qui reconnaissent Louis de Bourbon (né en 1974), duc d’Anjou, comme l’aîné des Capétiens, et celle des Orléanistes, pour qui le trône revient à la branche issue de Louis-Philippe Ier d’Orléans, dernier roi des Français entre 1830 et 1848.

La question du titre de duc d’Anjou a toujours été particulièrement sensible. Louis de Bourbon en porte l’usage depuis son enfance, reconnu comme tel par son père Alphonse II de Bourbon (1936-1989) et par une partie de la mouvance monarchiste qui lui est acquise. Mais ce titre, historiquement associé à la Maison de Bourbon depuis le règne du roi Philippe V d’Epagne, a été subitement concédé par Henri d’Orléans à un membre de la Maison d’Orléans à titre d’apanage.

C’est en 1987 que le prince Henri d’Orléans avait porté l’affaire devant le tribunal de la République afin de faire interdire au chef de la Maison de Bourbon le port des armes pleines de France présentes sur son blason. Le procès du « Millénaire » est médiatisé et va finalement se retourner contre les Orléans. En décembre 1988, le tribunal argue en faveur du prince Alphonse de Bourbon qui, en sa qualité d’aîné de la maison de Bourbon, se voir confirmer dans sa titulature bien que les instances se refusent à trancher sur la querelle dynastique, se déclarant non compétente pour « arbitrer la rivalité dynastique qui sous-tend en réalité cette querelle héraldique ». Bien qu’il ait fait appel en mars 1989, la Cour d’Appel a confirmé sa décision en première instance, déboutant alors Henri d’Orléans.

Devenu chef de famille au décès du prince Henri d’Orléans (1908-1999), le prince Henri d’Orléans décide de passer outre la décision du tribunal et de « réparer […] les injustices commises contre [ses] frères Michel et Thibaut [ainsi que leurs descendants], sans pour autant défaire les avantages donnés précédemment [à son frère Jacques et aux fils de celui-ci] ». Charles-Philippe d’Orléans (né en 1973), son neveu, reçoit alors le titre contesté de duc d’Anjou (2004), provoquant d’interminables débats et disputes sur les réseaux sociaux, divisant même ses propres partisans. C’est encore ce prince de France qui va cristalliser les passions par ses nombreuses controverses, son divorce avec Diane de Cadaval après 14 ans de mariage (2008-2022) et par son remariage non reconnu par le chef de la Maison royale de France.

Par la suite, les relations entre le comte de Paris et son cousin se sont détériorées très rapidement bien qu’elles restent empreintes de respect mutuel. Charles-Philippe d’Orléans crée son site, continue à se parer des titres qui sont les siens « par naissance » et multiplie les communiqués engagés, estimant que son épouse a également droit au titre de princesse. Des positions qui ont irrité le comte de Paris obligé d’intervenir auprès de magazines et de sites spécialisés dans le traitement des familles royales, ne respectant pas sa prise de décision sur la titulature de son cousin. 

Ironie de la situation, le prince Charles-Philippe a été le condisciple de Louis de Bourbon au Lycée français de Madrid dans sa prime jeunesse.  

Généalogie des Rois de France @DR

Un geste d'autorité, une volonté de clarification

En reprenant la main sur ces questions sensibles, le comte de Paris envoie un message double : d’une part, la monarchie n’est pas une nostalgie molle ou un folklore familial, mais une institution avec ses lois propres ; d’autre part, la Maison royale de France entend assumer pleinement ses responsabilités historiques, quitte à froisser des membres de sa propre lignée. Une récurrence puisque son grand-père a agi également de cette manière à diverses reprises.

Sur son site, le comte de Paris rappelle désormais ce qui sera l’ordre de succession après lui : (1) S.A.R. le Prince Gaston de France ; (2) S.A.R. Le Prince Joseph de France ; (3) S.A.R. Le Prince Alphonse de France ; (4) S.A.R. Le Prince Eudes de France, duc d’Angoulême ; (5) S.A.R. Le Prince Pierre d’Orléans ; (6) S.A.R. Le Prince Jacques de France, duc d’Orléans ; (7) S.A.R. Le Prince Charles Louis d’Orléans, duc de Chartres ; (8) S.A.R. Le Prince Philippe d’Orléans ; (9) S.A.R. Le Prince Constantin d’Orléans ; (10) S.A.R. Le Prince Foulques d’Orléans, duc d’Aumale et comte d’Eu. 

Les branches du prince Michel d'Orléans retrouvent leur titulature de comte d'Evreux.

Il est probable que les concernés réagissent rapidement par le biais de leurs avocats et que l'affaire soit médiatisée ou reste inhérente au cercle familial. Contacté, le sécrétariat du comte de Paris a confirmé que cet acte avait été transmis aux maisons européennes. Pour Jean d’Orléans, l’affirmation d’une autorité monarchique passe d’abord par la cohérence interne, fit-elle douloureuse pour les branches cadette de sa propre maison.

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Date de dernière mise à jour : 17/01/2026